35 heures 35 élèves 35 degrés : La révolte des lycéens est politique !

35 heures 35 élèves 35 degrés : La révolte des lycéens est politique !
Tract du groupe OCL Île-de-France

lundi 12 octobre 2026, par Courant Alternatif

De jeunes travailleurs en lutte contre ce monde pourri jusqu’à l’os Ce qui cimente la lutte, c’est le rejet de l’avenir sombre qui leur est promis sous la forme d’un contrat social perdant d’avance (travailler comme des esclaves pour des miettes dans un monde en feu, gouvernés par des personnages détestables, cyniques, masculinistes et guerriers) et la dénonciation de l’hypocrisie des derniers gouvernements, davantage préoccupés par le contrôle de la vie des jeunes (réseaux sociaux et téléphones) que par les fuites d’eau ou les remplacements d’enseignants.

Les lycéens, dont on pointe souvent l’isolement, le moral déclinant, l’individualisme ou la passivité font au contraire la démonstration qu’ils et elles veulent vivre pleinement, pas survivre. Leurs aspirations se heurtent à tout ce que le capitalisme, l’État et leur patriarcat et leur racisme leur jette à la gueule.

Le temps suspendu du blocus et les affrontements avec la police leur offre des espaces de liberté au milieu d’un monde étouffant, dont l’emprise capitaliste gagne chaque jour du terrain. Par exemple, la pression de sélection pour l’orientation, la disponibilité permanente que leur imposent les outils numériques, et les nouvelles formes d’évaluation comme le grand oral témoignent de l’extension des contraintes du salariat à tous les domaines de la vie. Il faut les dénoncer pour ce qu’elles sont : les avatars de la mise en adéquation directe et permanente de l’école aux contraintes du néolibéralisme, à l’image du monstre managérial dans les entreprises.

Comme les révoltes étudiantes, qui rejoignent celles des lycéens, nous pouvons voir ce mouvement comme celui de travailleurs en formation, qui luttent contre les normes du salariat moderne en application dans l’école et contre la dévalorisation de leur force de travail par une éducation au rabais.

Une génération révolutionnaire ? Le gouvernement, qui voit dans l’école une variable d’ajustement budgétaire et un espace pour y déverser son idéologie guerrière et sécuritaire, ne souhaite pas revenir sur ses choix pro-armement ni sur le diktat des marchés financiers. Dans la séquence capitaliste mondiale actuelle, il ne peut donc répondre que par une répression inédite, dépassant même en termes d’arrestations les Gilets jaunes ou les émeutes après l’assassinat de Nahel.

Il faut d’ailleurs souligner que la génération actuelle de lycéens était au collège lors des révoltes de l’été 2023, auxquelles ont participé nombre de collégiens de banlieue. S’il ne s’agit pas nécessairement des mêmes personnes, relevons que les jeunes prolétaires urbains de cette génération, présents également dans les manifestations massives contre le racisme et les violences policières, ont fait l’expérience de l’arbitraire policier, de la violence d’État, mais aussi de l’auto-organisation et de la radicalité. Parions donc sur des luttes vives et radicales dans le futur !

Ni devant, ni derrière : avec les lycéens ! À de nombreux endroits, force est de constater que la posture syndicale (des enseignants mais pas que) se contente d’un soutien relativement passif, ou bien de la reproduction d’un agenda et de méthodes perdantes bien rodées : manifestations déclarées, grèves d’une journée, rendez-vous dans les instances de « concertation ». Si la révolte des lycéens n’était pas assez forte pour faire éclater ce cadre, et que la lutte ne s’étendait pas, l’encadrement syndical pourrait faire ce à quoi il sert le mieux : canaliser vers la voie légaliste une colère puissante en parlant à la place de ceux qui luttent. Mais si soutien – ou plutôt solidarité – il y a, il ne peut faire l’économie d’une organisation anti répression à la hauteur des événements, et donc d’une campagne pour l’amnistie générale.

C’est pourquoi il importe de ne pas laisser la main à tous ceux et toutes celles qui voudraient rendre ce mouvement raisonnable et ouvert à la négociation. S’asseoir à une table alors qu’on s’est levé avec tant d’énergie serait un gâchis terrible. Les enseignants, les travailleurs, les syndicalistes de base dans l’école ou ailleurs, tout le monde doit saisir cette fenêtre d’opportunité pour entrer en lutte et ne pas laisser les bureaucrates et les aspirants gouvernants qui ne pensent qu’à 2027 dicter leur tempo ! Notamment, retrouvons nous le 17 octobre !

Groupe OCL Île-de-France oclidf@riseup.net

P.-S.

Le tract en téléchargement :


Source: OCL

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