Elisé Reclus texte sur le Breton

De même que les Euskariens des Basses-Pyrénées, les habitants de la -Bretagne se distinguent nettement des autres Français par là langue, les mœurs, le-costume, l’état social : il importe donc de les étudier à part. La situation même de la péninsule en dehors de la masse continentale, au milieu des mers tempétueuses, devait retenir les habitants dans une barbarie relative. Dès les premiers temps de l’histoire des Gaules, l’Armorique, telle – qu’elle nous apparaît d’après les brèves descriptions dès anciens, était une région peu visitée, où les coutumes religieuses se maintenaient plus rigoureusement qu'ailleurs; c’était . le pays celtique par excellence, celui où les druides avaient le plus de puissance. Les Bretons de nos jours descendent probablement en très grande majorité de ces Armoricains ‘des premiers âges historiques, mais ce n'est pas à ceux qu’ils doivent leur nom. La péninsule des Gaules a reçu son appellation de « Bretagne », ou plus exactement de « Petite-Bretagne », des Bretons de la grande île du nord, émigrés à-diverses époques depuis la fin du troisième siècle, et surtout lors de l’invasion des Jutes, des Angles et des Saxons. Les nouveaux venus s'établirent dans le pays à côté des anciens habitants, mais ils arrivaient en maîtres, en initiateurs; ils imposèrent leur nom et leurs formes religieuses; leur langage, d’ailleurs très rapproché de celui des indigènes, devint I'idiome prépondérant*. Plusieurs villes de la cote; Tréguier, Saint-Pol-de-Léon, Saint-Brieuc, Saint-Malo, ont été fondées par ces colons de la Grande-Bretagne; un monastère entouré d’un minihi-ou cercle sacré d’une où deux lieues, dont les populations avaient l’abbé pour -maître absolu, fut l’origine de chacune de ces nouvelles cités* Ainsi la Bretagne française ressemble ethnologiquement à la Cornouaille et au pays de Galles, de même que, par sa géologie, elle appartient à une même formation. ‘Malgré les érosions superficielles de la Manche, les deux « Fins des Terres » font partie du même massif *. Les différences remarquables que l’on observe entre Bretons et Bretons, principalement sur les ‘côtes septentrionales de la péninsule, sont considérées-comme un témoignage de la diversité des origines. Ceux que l’on croit être les descendants des Bretons insulaires se font remarquer par leur haute taille, leur chevelure blonde, leurs yeux bleus; ils paraissent être restés à l’état le plus pur dans I’ile de Batz et dans celle d’Ouessant. Dans tout le Léonais, les Bretons sont plus grands que dans les autres districts; ils ont la figure plus longue, parfois le teint plus blane.

La plupart des Armoricains qui vivent sur le versant méridional des montagnes d’Arrée sont de petits hommes bruns et à tête ronde ; mais tous, ceux du nord comme ceux du midi de la Bretagne, se distinguent par le bleu sombre de leurs yeux. On dit que certaines peuplades des montagnes et des îles, vivant à part des autres Bretons, ont aussi une origine distincte. Tels sont les « sauvages » qui habitent les districts reculés du Finistère, au milieu des collines d'Edern et de Pleiben. Dans l’ensemble, les Bretons de l’intérieur et de la côte méridionale, notamment les Morbihannais, « les plus bretonnants des Bretons », ressemblent singulièrement aux Limousins et aux autres habitants du Plateau Central par la taille, les traits physiques, la constitution ; ils ont aussi les mêmes maladies et le même taux de mortalité : il faut y voir certainement des Celtes à peine modifiés par l’immigration des colons de la Grande-Bretagne. On a même comparé les habitants de la péninsule armoricaine à des populations lointaines d'origine bien différente : « Le Breton pur-sang, dit le docteur Bodichon, Breton lui-même, a le crâne osseux, la peau d’un jaune pâle, le teint bistré, les yeux noirs ou bruns, les formes trapues, les cheveux noirs » : il ressemblerait singulièrement au Kabyle d’Algérie. « Chez l’un et chez l’autre, même entêtement, même opiniâtreté, même dureté à la figure, même amour de l’indépendance, même inflexion de voix, même expression. »

Les Bretons qui parlent encore la langue celtique ou breton, très analogue au welsh de la Grande-Bretagne, se divisent en quatre groupes, suivant les différences de leurs dialectes. Les limites de ces langages coïncident assez bien avec les anciennes frontières des diocèses, et, par suite de l’écart des traditions et des coutumes, une certaine rivalité s’est établie entre les habitants des divers pays : Tréguier, Léon, Cornouaille et Vannes.

Souvent même les animosités sont devenues des haines, et les Bretons de divers

dialectes, tout en se vantant de leurs vertus locales, s’appliquent mutuellement des épithètes fort malveillantes : « Voleur comme un Léonard ! traitre comme un Trégorrois! sot comme un Vannetaïs ! brutal comme un Cornouaillais! » Le dialecte qui se distingue le plus nettement des autres-est' celui de Vannes. Dans son ensemble, la littérature bas-bretonne, toujours – sincère, naïve, – sans ironie, est pauvre elle ne peut se comparer ni pour l’ancienneté, ni pour l’originalité à celle des langues sœurs de l'Irlande et du pays de Galles; quelques mystères, dont le plus ancien date du quinzième siècle, un glossaire, des ouvrages de piété, de précieux chants populaires, parmi lesquels plusieurs accommodés au goût du siècle, enfin des poèmes et des brochures politiques d’écrivains modernes, voilà toute la part du breizad dans le trésor littéraire du genre humain. Un seul journal bas-breton est publié dans la péninsule, et seulement une fois par semaine. La diversité des dialectes, l'emploi du français comme langue usuelle à Brest, à Morlaix, dans les villes. principales, surtout l'ignorance de la lecture, encore générale dans les campagnes, telles sont les causes qui ont empêché la naissance d'un patriotisme de langue semblable à celui des Flamands ou des Gallois. Si ce patriotisme s'éveille jamais, le « tréguirien », idiome du pays de Tréguier, est celui qui mériterait de devenir le bas-breton littéraire : c'est de Tréguier que nous viennent le plus de chants, de récits et de proverbes celtiques. “ La langue française gagne rapidement sur le bas-breton,-et de la-méme manière que sur le basque,-non par un déplacement de la limite géographique, mais par la transformation graduelle des populations elles-mêmes. Les idiomes locaux se rapprochent sans cesse du français en lui empruntant tous les mots qui répondent à des idées nouvelles, représentant l’ énorme proportion de deux cinquièmes dans l’ensemble du vocabulaire.

Les écoles et, bien plus, la pratique de la vie moderne enseignent désormais le français à presque tous les Bretons; le nombre de ceux qui parlent seulement l’idiome celtique diminue; ceux qui ne parlent que le français augmentent au contraire : les paysans peuvent désormais comprendre les « gentilshommes », car tel est le nom qu’ils donnent aux citadins, et la haine qu’ils.avaient contre eux s'est amoindrie. La victoire définitive de la langue la plus civilisée n’est donne pas douteuse.. Toutefois le domaine du bas-breton reste le même au point de vue géographique : la limite entre-les Bretons « Gallots » ou francisés de l’est -et les Bretons « bretonnants » de la péninsule n’a que très faiblement changé depuis le douzième siècle.

Avant cette époque, il est vrai, les fréquentes incursions des Normands, les massacres et la dépopulation qui en avaient été la conséquence, çà et là même des colonisations nouvelles, avaient repoussé la frontière des langues vers la Bretagne occidentale ; les points extrêmes à l’est avaient été reportés du golfe de Saint-Michel à celui de Saint-Brieuc, et des bords de la Loire à ceux de la Vilaine ; mais depuis ces événements la limite des langues, si ce n’est sur le littoral guérandais, s’est à peine modifiée. Les noms de lieux qu’on voit sur la carte indiquent déjà le contraste des langues : d’un côté se montrent à peine, au milieu de noms français, quelques appellations bretonnes déjà changées par l’usage ; de l’autre côté, elles sont au contraire fort nombreuses et se conservent en toute pureté ; partout des noms faciles à comprendre, commençant en général par des radicaux tels que : aber (havre), conc (port, conche), car, caër, ker (forteresse, manoir), coat, coël (bois), lan (terre consacrée), loc (lieu, ermitage), les (cour, juridiction), mené (montagne), mor (mer), penn (tête), plé ; pleu, plou, peuple (tribu), ros (coteau).

On peut citer en exemples : Aber-Ildut, Concarneau, Carhaix et Kergrist, Coët-Logon, Landerneau, Locmariaquer, Lesneven, Mené-Hôm, Penmarc’h, Ploubalay, Roscanvel.

Si les mœurs des Bas-Bretons diffèrent de celles des Bretons Gallots, il faut y voir, non l’effet d’une diversité d'origine, mais celui d'un isolement plus prolongé. D’ailleurs il n’y à rien dans la vie des Bretons de la péninsule qui se distingue absolument des coutumes qu’on retrouve çà et là dans les parties écartées de la France : telle pratique bretonne, que l’on signale souvent comme particulière aux habitants du Morbihan ou de la Cornouaille, s’observe également dans les Pyrénées, les Alpes, les montagnes du Centre: seulement elle ne si montre plus avec la même naïveté, I'influence du milieu l’obligeant à se déguiser un peu..Ce-qui intéresse surtout en Bretagne, c'est ‘qu’on. y voit encore la France.du moyen âge. Ainsi que le dit Michelet, le pays bretonnant est « devenu: tout étranger au nôtre, justement parce qu'il- est resté. trop fidèle à-notre état primitif; il.est peu français, tant il est gaulois. » Dans mainte campagne on coupe encore les épis comme le faisaient les riverains du Nil représentés sur les monuments égyptiens*. En Bretagne,. nombre de vieilles coutumes païennes se sont conservées à côté de celles du catholicisme, et l’on peut encore étudier des phénomènes intéressants de transition entre les deux cultes. Les noms sont changés, mais l’esprit est le mème. Sur la côte du Léonais, .au nord de Lesneven, ‘la péninsule de Pontusval porte encore le nom -de « terre des:païens.>» (ar paganiz), que l'on attribue à la persistance des pratiques d’idolâtrie:pendant le moyen âge; ce sont les habitants de celle presqu’île, ça face étroite et longue, »‘d’après Roget de Belloguet, qui ont gardé le plus longtemps I'horrible « droit de bris » : on les acculais de promener des signaux trompeurs sur la côte, pour perdre les navires et en recueillir les épaves:

 

 

Mais en dehors de cette « terre de païens », que de contrées de. la Bretagne où l’on porte des repas aux morts où l'on ensorcelés:forces. de la  nature où l’on consulte toujours les fontaines et les grands arbres, où le.gui, devenu «l” herbe de la croix »,N’ a rien perdu de sa vertu! Tout sanctuaire d’un aucun dieu a été, transformé en chapelle où retentissent. les, mêmes prières qu’il y à deux mille ans, mais à l’adresse d’une divinité nouvelle: C’est ainsi, nous dit Émile  Souveste, qu'aux environs de Tréguier. il existe encore une chapelle où l’on vient invoquer, la nuit, Notre-Dame-de la Haine,. héritière des engeances de quelque féroce dieu celtique : la femme: y demande la mort d'un  mari qu’elle déteste, et le fils la fin d’un. père trop lent à léguer son héritage! Mais saint Yves de la Vérité, que,l'on implore dans sa chapelle des environs de Tréguier, n’aide; qué-les innocents opprimés, les pauvres, les veuves, les orphelins : c’est le grand justicier, le redresseur de torts. Quand le malheureux vient: l'adjurer en s'écriant : « Tu étais juste de ton vivant, montre que son ennemi -périra dans l’année.

 

Toute chapelle de pèlerinage  a sa fontaine, dont l’ eau donne la guérison, mais les pierres ne-sont pas moins.importantes que les sources dans l’héritage religieux légué par les anciens cultes. De nos jours encore le dolmen est révéré comme la tombe d'un homme puissant, et quand une pierre est placée sur la fosse d’un riche, la-langue bas-bretonne emploie toujours le mot de dolmen pour signaler le monument, en opposition aux simples buttes de terre qui recouvrent le cercueil du pauvre. Innombrables sont les pierres taillées devant lesquelles le paysan passe en se signant, qu’il y voie l’œuvre du diable, ou bien, au contraire, qu’une légende lui ait appris à y vénérer le haut fait d'un ange ou d’un saint, souvent inconnu aux ha-giographes du monde catholique. En plusieurs endroits, notamment aux environs d’Auray, les paysans atteints de rhumatismes vont se coucher sur un autel creusé en forme de coupe, en invoquant saint Étienne; ailleurs ils traitent la migraine en se frottant le front avec des cailloux sacrés. Jeunes hommes et jeunes filles se livrent parfois à des danses symboliques autour d’un menhir ; près de Saint-Renan, dans le Léonais, les nouveaux mariés vont furtivement toucher une pierre levée, afin d’obtenir une heu? reuse postérité. Entre Plouaret et Lannion, un dolmen a même été changé en crypte de chapelle et porte maintenant un autel de même, la grande tombelle de Carnac, haute de 44 mètres et portail. Jadis un sanctuaire, main, est devenue un mont Saint-Michel ; les femmes des matelots viennent y demander pour leur mari une traversée favorable. De siècle en siècle le culte a pu continuer sans que les paysans se soient aperçus du changement des dieux. Cependant maintes pierres jadis consacrées aux saints sont vouées maintenant aux puissances infernales : pour mettre un terme à l’habitude générale autrefois, de déposer de la nourriture sur les tables des dolmens, le clergé breton déclara solennellement, en 1658, que ces offrandes ne pouvaient profiter qu’au diable. Encore au siècle dernier un coin de terre était réservé par les cultivateurs au malin esprit ; c’était à ce prix qu’il consentait à ne pas dévaster la ferme. Les pierres taillées de main d’homme ne sont pas les seuls objets de crainte ou de vénération : nombre de blocs sculptés par les intempéries passent aussi pour avoir une origine surnaturelle ; tel pilier de granit est considéré comme ayant pris une figure humaine, et çà et là, notamment aux environs de Douarnenez, le travail de l’homme a fouillé la roche pour lui donner un aspect de statue ; des amas bizarres rappellent un sabbat de l’enfer où sont les « villes des nains » ou des « poulpiquets » ; des saillies de la roche ont des vertus mystiques et les paysans viennent de loin les contempler en pèlerinage. Mais, pour se faire une idée de ce qu’eut l’ancien culte, il faut parcourir les régions du Morbihan et du Finistère où des rangées de pierres ou « carneilloux » sont alignées en figures géométriques, où les blocs élevés par l’homme se dressent encore par milliers, en avenues, en enceintes, en allées couvertes : plus de la moitié des dolmens de France sont en Bretagne.

Au milieu de ces débris, on se sent transporté à d’autres âges de l’humanité. Sur les plateaux déserts de Lanvaux, de vastes espaces sont couverts de menhirs renversés, semblables aux colonnes d’un temple prodigieux. Belle-Île et Groix sont aussi parsemées de mégalithes, tandis que par un singulier contraste Ouessant n'en possède pas un seul. À Carnac, non loin de la baie de Quiberon, les piliers d'avenues encore debout sont au nombre de plus de cinq cents, faible reste des douze ou quinze mille colonnes que le chanoine Morcau dit y avoir comptées au seizième siècle et qui se prolongeaient sur un espace de 10 kilomètres ; les paysans ont détruit la plupart des rangées de pierres pour en clôturer leurs champs ; mais tandis que les ruines romaines de cette station ont déjà disparu, les monuments antérieurs des Celtes subsistent encore. À l'ouest, vers la baie de l’Étel, les onze alignements d’Erdeven, longs de 1800 mètres, comprennent 1120 menhirs dressés ou renversés dans les bruyères. Plus curieuse encore par les vestiges de l’ancien culte est la grotte couverte par la tombelle de Gavrinis (île de la Chèvre) dans l’estuaire du Morbihan : les parois de la chambre intérieure sont couvertes de sculptures hiéroglyphiques en relief, fort semblables par leur forme au tatouage de certains insulaires de l’Océanie.

Les dimensions de quelques monolithes témoignent aussi du zèle religieux que devaient posséder jadis les constructeurs des pierres sacrées : au nord de la pointe de Quiberon, la table d’un énorme dolmen couvrant, actuellement une sorte de grange, pèse environ 100 tonnes ; au bord de la baie de Morbihan, près de Locmariaquer, on voit les quatre fragments d’un menhir dont la longueur était de 21 mètres : c’est le Men-er Hrœck, ou le « Roc de la Fée ». Tout à côté est le puissant dolmen appelé Table des marchands, où se voient de bizarres caractères, gravés sur la face inférieure du bloc énorme. De même que le promontoire de granit, la lande sauvage, l'avenue de chênes, ces monuments d’un autre âge appartiennent encore à la physionomie propre de la Bretagne, comme un symbole du peuple lui-même, fort, tenace, mystérieux.

 

Le Morbihan, ainsi nommé du golfe qui découpe le littoral, au sud de Vannes, est, non par la langue, il est vrai, mais à d'autres égards, le plus breton des départements de la Bretagne : c'est là que sont les monuments les plus curieux des religions antérieures au christianisme, que les villes et les villages gardent le plus fidèlement leur apparence du moyen âge, et que les anciennes mœurs résistent avec le plus d'obstination. Les Morbihannais, agriculteurs en grande majorité, ne sont pas tous propriétaires, et les produits du sol abondent moins chez eux que chez leurs voisins des autres départements bretons qui cultivent des terrains de même nature. Cependant les progrès sont considérables et le nombre des petites propriétés cultivées par leurs possesseurs s'accroît d'année en année.

Le département est l'un des plus importants de la France pour la production de la race bovine. En 1862, près de la moitié du Morbihan consistait encore en vastes domaines revêtus de bruyères, où les abeilles viennent puiser le miel qu’elles rapportent aux soixante-dix mille ruches des paysans ; actuellement la superficie des landes morbihannaises est de 140 000 hectares, soit le cinquième de la superficie du département ; la transformation de cet espace en forêts et en terres de culture coûterait environ 70 millions de francs. Une grande partie des landes consiste en excellentes terres qui devraient être mises en culture ; mais les communes se refusent à les vendre, craignant de les laisser accaparer par les riches propriétaires, sans profit pour les habitants, et ne sachant encore elles-mêmes les utiliser au bénéfice commun.

 

Le seigle, le sarrasin, nourrissent le cultivateur, avec les poissons et les coquillages de mer ; le froment est réservé pour l'exportation ou la vente dans les départements limitrophes. Comme dans la plupart des départements maritimes, la population du Morbihan est relativement assez forte : elle dépasse en moyenne celle du reste de la France.

La partie orientale du département appartient au bassin de la Vilaine et de son principal affluent, l'Oust, qui traverse l'arrondissement de Ploërmel, le plus pauvre du Morbihan. Le chef-lieu lui-même n'est qu'une simple bourgade, ayant encore de beaux restes de ses anciens remparts et une église du seizième siècle, à la façade ornée de très curieuses sculptures. Plus remarquable est la ville de Josselin, située à 12 kilomètres à l'ouest, sur la rivière de l'Oust : un fier château la domine, et dans son église sont les statues en marbre blanc d'Olivier de Clisson et de sa femme, couchées sur une table de marbre noir.

 

Un bourg, qui fut jadis également une place forte, est situé sur l'Oust, en amont de Josselin et près des limites des Côtes-du-Nord : c'est Rohan, qui a donné son nom à l'une des plus puissantes familles de France ; il ne reste plus que des vestiges de l'ancien château seigneurial. À « mi-voie » de Ploërmel et de Josselin, une pyramide indique l'endroit où fut livré, en 1351, le « combat des Trente », entre Beaumanoir et ses chevaliers bretons d'une part, Bembro (Bamborough) et ses guerriers anglais, allemands et brabançons d'autre part. Il n'est pas de grande bataille livrée sur le sol de la France qui ait plus vivement frappé l'imagination populaire que cette lutte à mort entre trente champions de races ennemies.

Superficie du Morbihan. Population en 1881. | Population kilométrique : 6798 kilomètres carrés, 521 620 habitants.


Source: AS22

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