Imagine un monde sans chefs ni vitrines
Sans faux sauveurs, sans discours qui disciplinent
Sans élections pour recycler les mêmes porcs
La liberté ne se délègue pas, elle se prend à bras-le-corps
Imagine un monde où l’humanisme existe
Plus d’argent contre une vie divisible
Le travail forcé maquillé en mérite
Pendant que les héritiers vivent du vol légitime
On nous apprend l’autorité avant la pensée
À lever la main, fermer la gueule, respecter
Mais respecter quoi ? Des lois écrites par qui ?
Par ceux qui possèdent tout et appellent ça “la vie”
Imagine des écoles sans dressage
Où apprendre n’est pas rentrer dans une cage
Pas de notes pour trier les cerveaux
La curiosité comme moteur, pas le drapeau
Pas de frontières gravées dans le sang
Pas de papiers pour prouver qu’on est humain
Les nations sont des prisons mentales
Inventées pour que les pauvres s’entretuent.
Imagine la rue sans sirènes
Sans contrôles au faciès, sans haine
La sécurité née de la solidarité
Pas d’un uniforme armé pour protéger la propriété privée
(Refrain)
Imagine, ils disent que c’est un rêve
Mais leur monde à eux ne tient que par la peur
Pas besoin de maîtres pour qu’on s’élève
L’entraide est plus forte que leur pouvoir
Imagine plus de prisons pour cacher la misère
Plus d’asile pour enfermer la colère
Les murs ne soignent rien, ils brisent
Ils protègent juste un système qui méprise
La folie n’est pas dans la tête des opprimés
Elle est dans une société qui normalise l’autorité
On enferme ceux qui refusent de plier
Pendant que les vrais criminels sont décorés
Imagine la fin de la propriété sacrée
Des terres, des logements, des moyens partagés
Pas “à toi”, pas “à moi”, mais “à nous”
La richesse circule, elle ne s’accumule plus
Ils disent “sans État c’est le chaos”
Mais regarde bien : le chaos, c’est eux, leurs drapeaux
Guerres, famines, frontières mortelles
Toujours signées par des gouvernements “légitimes”
Imagine une organisation horizontale
Décisions prises par celles et ceux que ça concerne
Pas de centre, pas de sommet
La liberté ne supporte pas les pyramides, jamais
(Refrain)
Imagine, ils disent que c’est impossible
Mais impossible pour qui ? Pour les dominants
Quand le prolétariat s’organise, devient sensible
Le pouvoir tremble, devient violent
Imagine plus d’armée, plus de casernes
Plus d’enfants dressés à tuer pour la “patrie éternelle”
La vraie défense, c’est la justice sociale
Pas des missiles, ni des généraux, ni des médailles
On ne veut pas réformer leurs cages
On veut les briser, page après page
Pas prendre le pouvoir, le dissoudre
Pour que plus jamais personne n’ait à s’y soumettre
Si tu dis que ce monde est naïf
C’est que tu confonds violence et lucidité
L’utopie, c’est croire que l’État nous protège
Alors qu’il existe pour garantir les privilèges
Imagine pas demain, pas plus tard
Ici et maintenant, dans chaque regard
Chaque acte d’entraide est une fissure
Chaque refus d’obéir est une ouverture de la révolution sociale