Le spectacle soviétique se compose d’une multitude de représentations spectaculaires qui orientent les individus vers un fanatisme du monde de la représentation, où les rapports hiérarchiques apparaissent comme l’accomplissement naturel de la société. Le spectaculaire, dans cette forme, est plus visible que dans le modèle diffus occidental, mais il n’en reste pas moins redoutable dans sa capacité d’aliénation.
La société soviétique fait de l’individu un administrateur de la parade militaire, l’enfermant dans un prisme bureaucratique marqué par la course aux armements. Le spectacle soviétique demeure également un moyen par lequel le pouvoir fait croire à chacun qu’il contrôle sa propre vie et possède réellement les biens de consommation mis à sa disposition.
Dans ce type de spectacle, l’individu est captif. S’il détourne un instant son regard du spectacle, le pouvoir soviétique le réprime et l’emprisonne dans les camps. Le spectacle soviétique a besoin, pour se maintenir et aliéner l’individu à l’autorité, de construire un récit falsifié destiné à légitimer sa propre existence.
La finalité du spectacle est de se présenter comme non marchand et proche du monde ouvrier. L’individu est alors persuadé que ce spectacle constitue la concrétisation du bonheur et de l’égalité. Les massacres et les violences produits par ce système deviennent invisibles aux yeux des personnes colonisées par cette représentation du monde, tant leur perception est façonnée par le spectacle lui-même.
Le spectarisme présente l’État comme un simple outil permettant de sortir du spectacle occidental. Pourtant, en réalité, il ne fait pas sortir du spectacle : il le réorganise sous une autre forme. L’État n’a jamais été un simple instrument neutre ; il constitue l’une des composantes essentielles de l’autoritarisme spectaculaire. Pour se défaire totalement du spectacle, il faut recréer des situations en dehors des formes étatiques et abolir la source même du spectacle : la société marchande.
Pour la fin du spectacle soviétique et occidental, pour le début de la révolution libertaire ! :