Les réactions révélatrices par rapport à cette affiche montrent à quel point beaucoup ne sont pas pour l’a-nationalisme, incapables de concevoir que le drapeau palestinien est nationaliste. Tout anarchiste ne conçoit ni frontière ni État-nation, aucune position de libération nationale. Cette réaction est révélatrice de l’aliénation du spectacle par la représentation des symboles du capital. On joue le rôle du personnage passif, sans concrètement réfléchir à la manière dont cette représentation nous enferme dans la norme marchande du capital.
Au-delà d’un drapeau, toute la symbolique de la marchandise est bien l’axe de la construction même du spectacle. On se regarde, on se bat pour analyser quelle forme de nationalisme est bien ou pas bien. Laquelle a une représentation marchande plus importante. On perd l’analyse pragmatique des rapports de classe et l’analyse du capitalisme. On réalise que cette aliénation nous fait perdre tout raisonnement logique et matérialiste. On est donc passif face à la situation. Être acteur des faits, c’est constater que la dynamique de la symbolisation des armes du capital permet l’acceptation même de la marchandisation, de coloniser notre vision par le nationalisme servant de diversion, de contrôle des situations, de rendre captifs et passifs les individus.
De ce fait, les individus adoptent une vision antirévolutionnaire, celle de choisir la voie du nationalisme, de la représentation même de notre aliénation à la société du spectacle. L’anarchisme combat cette aliénation comme toutes les autres. Nous sommes pour la révolution sociale, pour l’abolition de toutes les frontières, de tous les États et de toutes les formes de domination. Il ne s’agit pas de choisir quelle représentation nationale serait la plus acceptable, mais de dépasser ces représentations qui nous enferment dans le spectacle et nous éloignent de l’analyse des rapports de classe et du capitalisme. La révolution sociale ne consiste pas à changer les symboles du pouvoir, mais à abolir les rapports sociaux qui permettent au pouvoir, au capital et à la marchandisation de se reproduire. C’est en refusant d’être spectateurs que nous pouvons redevenir acteurs de notre propre émancipation.
Viva la révolution social !
SLR
