Je tiens à écrire ce texte pour dénoncer ce qui est, selon moi, la plus grande imposture de ce début de siècle. On nous fait croire que l’anarchisme se répand partout parce que de plus en plus de personnes se revendiquent anarchistes. La réalité est tout autre : l’anarchisme ne gagne pas en influence, c’est le bolchevisme qui progresse sous des formes déguisées.
Ces fameux « anar » sont complaisants avec nos ennemis mortels : les trotskystes, les marxistes-léninistes ou encore les réformistes intersectionnels. Quand on observe le nombre d’« anarchistes » appelant à voter pour Mélenchon, cela montre littéralement leur approbation pour un parti bourgeois et réactionnaire. Je le répète : un anarchiste est apartisan, ou il n’est pas anarchiste. La position anarchiste consiste à rejeter toute forme de domination étatique. Qu’y a-t-il de si difficile à comprendre ?
Faut-il rappeler ce que les marxistes-léninistes ont fait aux anarchistes pendant la résistance contre les nazis et les franquistes ? Les membres du PCF, du PCE et du PSUC ont littéralement assassiné des anarcosyndicalistes. Êtes-vous réellement respectueux des compagnons de lutte ayant sacrifié leur vie pour l’avènement de la révolution sociale ?
Faut-il rappeler la Terreur rouge de 1918 en Russie, durant laquelle des milliers d’anarchistes furent condamnés à mort sans procès et sans autre raison que d’avoir défendu le principe selon lequel « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » ?
Faut-il rappeler Kronstadt en 1921 ? Trente mille ouvriers furent massacrés, dont une grande partie d’anarchistes. Croyez-vous réellement qu’il soit logique de faire alliance avec des ennemis mortels sous prétexte d’antifascisme, tout en tolérant le « fascisme rouge » sans problème ?
Cet antifascisme à deux vitesses protège avant tout les intérêts de classe de la bourgeoisie. Il sert à faire peur d’un retour du fascisme de type mussolinien ou nazi, alors que le prolétariat est aujourd’hui bien trop peu contestataire pour que la bourgeoisie ait besoin d’imposer directement un régime fasciste.
Oui, la bourgeoisie cherche à pousser installation des gouvernements d’extrême droite afin de consolider ses intérêts économiques vacillants dans la crise du capitalisme. Cette peur permanente pousse à abandonner toute perspective révolutionnaire au profit d’un « barrage antifasciste républicain » qui, tous les cinq ans, permet simplement de prolonger la démocratie bourgeoise vacillante, donc la domination de l’État et du capital.
Je tiens également à préciser que les libertaires, sont anti-autoritaires, ce qui signifie être opposés à toutes les formes d’autoritarisme, de l’extrême droite à l’extrême gauche.
Autre précision : les Libertaires ne sont pas « d’extrême gauche », une classification bourgeoise apparue durant les révolutions bourgeoises. La structuration en parti est une conception hiérarchique dépendante du régime bourgeois. Une organisation qui se revendique comme un parti ne peut être issue du prolétariat.
Revenons aux compromis intersectionnels, concepts petits-bourgeois apparus dans les années 1970 aux États-Unis avant de se diffuser en Europe. Toute personne se prétendant anarchiste mais mettant au premier plan le genre, le sexe ou l’origine d’une personne développe une vision identitaire incompatible avec l’anarchisme, dont la conception de l’égalité repose sur l’universalisme.
Un anarchiste prétendant que la « race » existe reprend une notion réactionnaire et scientifiquement infondée. , la notion de « race humaine » n’a aucun fondement scientifique réel : il n’existe qu’une seule humanité, avec une diversité de caractéristiques physiques et culturelles.
L’anarchisme ne reconnaît ni frontières ni libérations nationales. Une nouvelle mode apparaît chez ces fameux « anar » : défendre les mouvements de libération nationale, comme en Palestine, brandir des drapeaux de bourgeoisies nationales au lieu de ceux des travailleurs rouge et noir, soutenir les néozapatistes au nom de la défense du territoire du Chiapas, ou encore défendre les mollahs sous prétexte d’anti-impérialisme.
Il faut rappeler que le terme même d’« anti-impérialisme » est largement employé par le bolchevisme afin de défendre certains États prétendument « ouvriers ». Pourtant, l’impérialisme n’est qu’un affrontement économique entre États ; il ne concerne pas les intérêts du prolétariat mondial.
La bourgeoisie entretient volontairement cette division campiste, alors qu’en réalité elle reste unie pour préserver le capitalisme. L’histoire l’a montré avec la révolution espagnole face aux armées franquistes phalangistes, ou encore les coalitions militaires comme l’OTAN protégeant l’ordre bourgeois.
Enfin, il faut dénoncer la complaisance de certains prétendus anarchistes envers l’entrisme religieux. Faut-il rappeler que des compagnons anarchistes sont emprisonnés ou tués pour avoir contesté le pouvoir des mollahs ? Toute forme d’extrémisme religieux est ennemie de l’anarchisme.
Il est grand temps que cette mascarade cesse. L’anarchisme n’est ni du marxisme ni une déviation du bolchevisme.
Pour l’anarcosyndicalisme, viva la révolution sociale !