L’intersectionnel, dilue l’analyse de classe au profit d’une pensée identitaire et nombriliste. Elle fragmente la perspective en une série d’intersections qui se croisent dans une lutte, puis se décroisent une fois l’objectif réformiste atteint, chacun retournant dans son coin pour défendre un marché identitaire. On classe des êtres humains selon leur genre, leur sexualité ou leur origine dans une logique de hiérarchie sociale ; ce principe n’a rien d’anarchiste. On en vient même à traiter la question de qui souffre le plus dans cette logique, qui ne parle plus de lutte des classes, mais de la souffrance personnelle. Le nombrilisme remplace l’analyse matérialiste de classe. On déplace la lutte pour l’abolition du système capitaliste et de l’État vers une logique de reconnaissance sur le marché, où la question devient qui est le plus accepté, ou quelle identité devient la plus « valorisée » comme une marchandise. Dans toute sa réflexion ne ressort plus aucune revendication révolutionnaire. Certains de ces suiveurs de cette « religion » intersectionnelle vont même affirmer que les « R » existent, tout comme les fascistes bruns l’affirment. Un exemple pour illustrer ce fourvoiement postmoderniste, ou certains groupes encourage des événements où les personnes se réunissent sous des critères identitaires « genre, sexualité, origine », en excluant une partie des personnes vues comme appartenant à une catégorie de personnes « néfaste ». Ils reprennent sans aucun souci des logiques d’apartheid. Toute cette logique est discriminante et n’a rien d’anarchiste, qui ne reconnaît aucune discrimination ni la notion de « R », car nous sommes des êtres humains. Cette diffusion de cette tendance qui fracture les organisations par une thèse petite-bourgeoise et marxiste éloigne encore davantage de la vision universaliste libertaire . La vision libertaire est universaliste et globaliste, elle unit l’ensemble des individus dans une perspective révolutionnaire de transformation sociale portée par les travailleurs eux-mêmes
Une analyse réellement révolutionnaire se base donc sur cette vision globale, qui englobe l’ensemble des luttes contre le capital et l’État. C’est à partir de cette lecture globale, s’élabore une critique profonde des structures de domination, visant à détruire l’État et le capital pour la révolution sociale. La « religion » intersectionnelle sert surtout à détourner l’attention dans la perspective de l’abolition de l’État et du capital. Elle donne l’illusion d’un caractère « révolutionnaire », alors qu’en réalité, elle n’abolit pas les structures de domination étatique. Elle enferme finalement chaque prolétaire adepte dans une logique identitaire et nombriliste.
Seule l’action collective et la révolution sociale peuvent créer une véritable liberté et une véritable solidarité.
Pour l’abolition du capital, de l’État, des frontières et du système monétaire.
Viva la révolution sociale !
