Le smartphone n’échappe pas à cette logique : il ne nous appartient pas réellement. Chaque application installée, tous les clics, tous les messages envoyés, chaque interaction sociale, sont captés et transformés en ressource pour enrichir des corporations capitalistes. Nos données personnelles, nos comportements, nos préférences, notre santé, nos relations : tout devient marchandise.
La privatisation de nos libertés va encore plus loin : les technologies connectées façonnent nos comportements et nos désirs. Les algorithmes féodaux analysent nos interactions pour déterminer ce qui nous attire, nous influence, nous pousse à consommer et à reproduire des habitudes qui maximisent la plus-value des corporations. Même nos relations sociales deviennent un terrain d’exploitation : likes, partages, commentaires, photos, vidéos, tout est transformé en capitalisation privée des données.
D’autres objets connectés, montres, enceintes, assistants vocaux suivent la même logique. Les montres connectées enregistrent nos rythmes cardiaques et notre sommeil, les enceintes écoutent en permanence nos conversations, et les applications de navigation enregistrent chaque déplacement. Tout cela est collecté, analysé et capitalisé. Nous croyons posséder ces outils, mais en réalité nous ne sommes que des sujets captifs.
Le techno-capitalisme privatise notre existence entière : il transforme nos gestes, nos émotions, nos vies en plus-value. Il nous fait croire à la liberté et à la modernité, alors qu’il nous surveille, nous manipule et nous dépouille. Nous produisons des richesses pour la bourgeoisie, et nous payons pour que cela se poursuive.
Ce système ne repose pas sur un consentement réel, mais sur une illusion de liberté et de contrôle. La véritable autonomie disparaît sous la domination du capital numérique. Dans ce monde, utiliser un smartphone, une voiture connectée ou tout autre objet numérique, c’est accepter d’être à la fois producteur, consommateur et esclave d’un capitalisme qui exploite la vie entière.
Pour mettre fin à cet asservissement, nous devons procéder à la socialisation des moyens de production et à l’abolition du système monétaire par la révolution sociale.
Vive la révolution sociale.
Source: CNT-AIT France
