D’après
des articles des sites Ukrainiens d’
Assembleia
et russes du
KRAS-AIT. Traduction : CNT-AIT Aveyron.
Dans
la soirée du 1er août, une révolte massive a éclaté dans la ville de
Vinnytsia contre les « mobilisateurs » du TTsK, les agents
recruteurs de l’armée Ukrainienne . Selon des informations publiées sur des
chaînes locales sur les réseaux sociaux, ce matin-là les recruteurs
militaires avaient rassemblé dans le stade  » Lokomotiv .une centaine d’hommes raflés [dans les rues] pour la mobilisation. Des femmes (probablement des parentes des personnes
arrêtées) et des hommes ont commencé à se rassembler près du stade pour
exiger la libération des hommes mobilisés.
Les
manifestants ont scandé  » Honte ! « . Au moins 11 voitures de police
ont été déployées sur les lieux. La police a menacé d’arrêter la foule pour
violation du couvre-feu. Des dizaines de manifestants ont pris d’assaut le
stade, en essayant de défoncer les portes d’entrée (
https://t.me/stranaua/205361
).
La police a
repoussé l’assaut à coup de grenades lacrymogènes et de matraques. Les
manifestants ont été renversés, jetés à terre et arrêtés à leur tour. Parmi
les victimes de la violence policière figurait une femme enceinte.
Pendant
ce temps, les commissariats militaires et les policiers ont exfiltrés les hommes
mobilisés hors du stade par une autre sortie (
https://t.me/stranaua/205376
).
Les
médias locaux rapportent qu’à 1h du matin, certaines personnes s’étaient
dispersées, mais la manifestation s’est poursuivie jusqu’à 4h au moins, avec
plusieurs dizaines de personnes encore présentes. Du thé et du café leur ont
été apportés des maisons voisines (
https://t.me/stranaua/205388
).
Des
poursuites pénales ont été ouvertes contre les manifestants arrêtés, accusés
de  » prise d’assaut d’institutions de l’État « . Parmi les personnes
capturées par les forces répressives du régime figurent cinq hommes âgés de
21 à 33 ans.
Bien
que l’émeute de Vinnytsia puisse servir de précédent à la croissance de la
protestation collective, aujourd’hui les protestations sont encore
majoritairement des  » révolte solitaires  » individuelles, bien que
parfois assez radicales par nature.
Ainsi,
selon le site web de
Assembleia
, un mouvement anarchiste anti-militariste
de Kharkov, le 11 juin, le bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire du
TTsK du district de Novobavarsky à Kharkov a été incendié. La superficie de
l’incendie était de 800 mètres carrés ; les flammes ont ravagé plusieurs
étages ; les personnes présentes ont pu évacuer. Selon la police,
l’incendiaire était un habitant de la ville âgé de 29 ans, convoqué au bureau
d’enregistrement et d’enrôlement militaire pour un contrôle d’identité. Il
s’est enfermé dans l’une des pièces, a mis le feu, puis est sorti par la
fenêtre (
https://assembly.org.ua/leto-besporyadkov-dlya-ukrainy-kak-daleko-zajdet-borba-protiv-mobilizaczii)
.
Le
3 juillet, un tribunal de district de Soumy a condamné un soldat d’une unité
d’assaut aéroportée qui, le 31 janvier, avait volé un véhicule blindé de
transport de troupes et l’avait ramené chez lui, dans le village de
Solonitsa, dans la région de Poltava. Après avoir parcouru plusieurs
centaines de kilomètres, il s’est allongé dans la forêt pour dormir et a été
capturé.
Au
total, entre le début des opérations militaires en février 2022 et le 1er
juillet 2025, 230 804 cas de désertion ont été enregistrés en Ukraine. Au
cours du seul premier semestre de cette année, 107 672 nouveaux cas « d’abandon
non autorisé d’unité militaire, de lieu de service ou de désertion » (selon
la terminologie officielle) ont été enregistrés (
https://assembly.org.ua/rozysk-szch-ne-pomogaet-razlozhenie-vojsk-i-novaya-eskalacziya-vojny-grozyat…
)
Au
25 juin, plus de 28000 cas de violation des règles d’enregistrement militaire
ont été ouverts depuis le début de l’année (dont 3835 à Kiev, 2984 à
Dnnipropetrovsk, 2464 à Soumy, 2438 à Odessa et 2151 dans les régions de
Kharkov.
Source :
https://assembly.org.ua/
d’après
https://opendatabot.ua/opendatabot.ua/analytics/tck-fines-2025-5
« 
La guerre entre la population et l’État dans la rue ne s’arrête pas…
« , commentent les compagnons d' » Assembleia « . Les documents
qu’ils ont publiés citent des faits de résistance aux mobilisateurs de
Kharkov.
Le
24 juin, un réfractaire de 32 ans originaire de Kharkov s’est battu avec des
policiers qui contrôlaient ses papiers à un poste de contrôle. Le 27 juin, la
police a arrêté un contrevenant à l’enregistrement militaire à Balakleya. Il
a refusé de se rendre au bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire et
a frappé l’un des inspecteurs. Maîtrisé par la police militaire, il a été
conduit au bureau d’enregistrement et d’enrôlement militaire et une procédure
a été ouverte contre lui.
Le
11 juillet, à l’entrée de la gare du Sud, une foule de passants mécontents a –
selon le communiqué officiel –  «
mis
en danger la vie et la santé d’officiers du commissariat militaire
»,
 l’un d’eux ayant été projeté au sol
suite à un coup. Les officiers du commissariat militaire emmenaient un homme
mobilisé vers une unité militaire, mais celui-ci a résisté en sortant du bus,
et des passants se sont levés pour le soutenir. Un homme de 44 ans,
participant à l’affrontement, a été arrêté.
Le
17 juillet, un rassemblement de protestation a éclaté à Permvomaiskoie (
Zlatopol ) contre l’installation du TTsK dans un immeuble d’un quartier
résidentiel  [1] : les habitants ne
veulent pas que leurs maisons deviennent la cible des bombardements russes.
 » Ramenez-les chez eux !  » ont-ils crié. Ayant reçu la promesse que
les officiers du commissariat militaire ne seraient pas transférés là-bas,
les manifestants se sont dispersés.
Le
20 juillet, à Kegichevka, dans la région de Kharkov, des policiers ont contrôlé
les papiers d’un homme recherché pour s’être soustrait à la mobilisation puis
l’a remis au TTsKC. Un jeune de 20 ans a fait alors  irruption dans les locaux et a frappé l’un
des policiers. Il a fallu pas moins de six flics pour maîtriser le casse-cou
et ouvert une enquête pénale a été ouverte contre lui (
https://assembly.org.ua/totalitarizm-zhara-iyul-harkovskie-protesty-protiv-tczk-i-pochemu-zagovorili…
).
Le
3 août, dans le village de Buzloye, dans la région de Nikolaev, lors
d’actions de notification des citoyens sur leurs obligations, menées par des
militaires du TTsK en collaboration avec un représentant de la police
nationale d’Ukraine, des inconnus ont attaqué les militaires. Des civils
armés de battes et de tuyaux métalliques ont endommagé le véhicule de service
et causé des blessures corporelles à l’un des soldats du groupe d’alerte . Au
moment de la rédaction de cet article on ne savait pas l’issue de cette
action directe contre la mobilisation.(
https://t.me/Asupersharij/43681
).
Source
:
https://aitrus.info/node/6324
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[1] Note des traductrices : Les drones de l’armée russes ciblent
spécifiquement les centres de recrutement ukrainien . En réponse, l’armée
Ukrainienne déménage ces centres dans des bâtiments civils, mais cela n’arrête
pas l’armée russe de continuer d’y envoyer ses drones. On voit que les civils
sont utilisés comme des pions par les deux armées en conflits, chacune
rivalisant de cynisme et de mépris pour la vie humaine.
https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-kiev-les-centres-de-recrutement-nouvel-objectif-des-frappes-russes-en-ukraine_232913


Source: Olga Taratuta

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