Qui sont les prisonniers antiguerre ?
Ce sont des hommes et des femmes poursuivies pour opposition à la guerre en Ukraine : Manifestants pacifistes, militants anti-guerre, artistes, journalistes, blogueurs et rédacteurs travaillant pour des médias indépendants, militants des droits humains, chercheurs, etc … ils ont été condamnés pour avoir manifesté, parfois avec des simples feuilles de papier blanc, ou avoir récité des poèmes devant des statues. D’autres ont manifesté leur opposition en incendiant des centres de recrutement. Tous sont emprisonnés dans des conditions souvent très dures, dans des « colonies pénitentiares », héritées de l’Union Soviétique où elles étaient connues sous le nom de Goulag. D’autres sont emprisonnés de force dans des hôpitaux psychiatrique, une pratique qui là encore rappelle l’époque soviétique.
Des listes de prisonniers antiguerre sont disponibles en ligne, notamment sur le site OVD https://repression.info/en et https://letters-now.org. Nous pouvons aussi vous transmettre des listes si vous le souhaitez.
Pourquoi écrire ?
Soutenir : L’envoi de lettres représente une démarche simple visant à exprimer un soutien moral et à manifester de la solidarité envers ceux qui endurent des conditions restrictives.
Informer : Cette initiative vise à mettre en lumière la situation de plus en plus préoccupante des prisonniers antiguerre politiques en Russie.
Protéger : Les lettres contribuent à renforcer la sécurité des détenus, étant donné que les autorités pénitentiaires tiennent compte de l’attention extérieure qu’ils suscitent.
De quoi parler dans ma lettre ?
Dans votre lettre vous pouvez aborder n’importe quel sujet à l’exception de ceux qui sont indiqués ci-dessous dans la rubrique “Les sujets à éviter”. Mais si vous hésitez ou avez du mal à démarrer, voici quelques idées et conseils.
Vous pouvez commencer par une brève présentation de vous-même. Il est important que le destinataire ait une idée de qui lui écrit : « Je m’appelle [votre nom], je suis [votre occupation], je vous écris depuis Nancy (ou une autre ville).
N’hésitez pas à parler de votre vie quotidienne, de votre pays, de votre ville.
Coupé de la société, vous êtes un ami pour le détenu grâce auquel il a la possibilité de rester informé de ce qui se passe à l’extérieur de la prison.
Si rien ne vous vient à l’esprit immédiatement, nous vous proposons d’écrire sur les sujets suivants :
Comment s’est passée votre journée ? « Aujourd’hui, je suis allé au musée pour voir une exposition sur Van Gogh.”, « Ce weekend, notre voisin a organisé une discothèque bruyante. Au début, on était frustrés, mais plus tard, on a décidé de nous y joindre et avons fini par passer une excellente soirée ensemble. » , « Ce matin, en allant au travail, j’ai vu une scène pittoresque ! », etc.
Les endroits que vous avez visités récemment, votre ville natale, vos endroits préférés : « Hier, j’ai visité une ville dans le nord de la France. / La semaine dernière, j’ai visité un site remarquable à Saint Nazaire./ Je t’écris depuis mon endroit préféré : le parc municipal. »
Privilégiez les bonnes nouvelles et les sujets joyeux : « J’ai un fils ou une fille de 18 ans qui a réussi son bac et se prépare pour le concours à l’école des dessinateurs, ingénieurs, etc. Sa passion pour le dessin est présente depuis qu’il est tout petit. »
Parlez de ce qui vous plaît durant vos passe-temps favoris : « Mes passe-temps favoris sont la cuisine et la lecture. / J’ai récemment lu le roman de …. ./ Pendant mon temps libre, j’adore voyager. »
Parlez de vos projets, de vos rêves et de vos idées : « Je rêve de réaliser un projet photographique, musical, etc. Un jour, je voudrais écrire un livre dédié aux papillons, etc. »
Vous pouvez lui écrire quelques mots de soutien : “Je vous écris d’un autre pays et je veux que vous sachiez que même en dehors de la Russie on se souvient et on pense à vous.”
Vous pouvez partager les dernières nouvelles du pays où vous résidez, qu’elles concernent l’art, le sport, la science ou l’éducation. Dans la mesure du possible, essayez de trouver quelque chose de positif ou neutre afin d’éviter la censure : “A Carnac, des chercheurs cartographient le sous-sol pour mieux comprendre le site préhistorique”
Le prisonnier politique peut ne pas vouloir ou pouvoir vous répondre. Néanmoins, si vous souhaitez entamer une correspondance avec lui/elle, vous pouvez demander quels sont les sujets qui pourraient intéresser le détenu et dont vous pourriez discuter : “Y a-t-il des sujets qui vous intéressent particulièrement ?”
Posez – leur des questions ! Simples, sur la vie quotidienne ou plus précises. Les prisonniers antiguerre peuvent partager de nombreuses informations intéressantes : “De quoi rêves – tu ? Qu’en penses – tu de … “
Bonnes pratiques !
Dans une prison où tout est terne, les prisonniers politiques apprécient particulièrement les couleurs. N’hésitez pas à leur envoyer des cartes postales vives, des dessins, des stickers ou des photos.
Datez et numérotez vos lettres ! Ceci permet à votre destinataire le temps qu’a mis la lettre à lui parvenir et à comprendre si l’une de vos lettres s’est perdue…
Les sujets à éviter
En écrivant des lettres aux prisonniers antiguerre, qui sont des prisonniers politiques, il faut constamment se souvenir que toute la correspondance est lue par le censeur qui décide si le prisonnier reçoit la lettre ou non.
Pour que les lettres soient remises aux prisonniers politiques, il est essentiel d’éviter les sujets censurables dans ces lettres.
Quelques règles simples à respecter avant de rédiger une lettre. Évitez :
– les mots étrangers ;
– du chiffrement ou cryptage ;
– les Emoji et symboles ;
– du langage grossier, insultes ou menaces
– des slogans Ex. “Non à la guerre”, « à bas Poutine », etc …
Evitez de :
– critiquer le système judiciaire et l’État russe ;
– demander des détails sur l’affaire du prisonnier politique, sur son occupation avant la détention ;
– mentionner les thématiques LGBTQ+ et à ne pas envoyer des symboles LGBTQ+ car en Russie cela peut aggraver la situation d’un ou d’une détenue.
– utiliser des phrases sur la pitié pour un prisonnier, cela peut être ennuyeux pour une personne détenue dans des circonstances aussi restrictives. Évitez des phrases comme «accrochez-vous! », etc.
Envoyer le courrier
Pour que les lettres soient transmises aux prisonniers elles doivent impérativement être traduites en russe.
Si vous ne parlez pas russe, vous pouvez utiliser un logiciel de traduction (DeepL) mais il y a des risques sérieux de mauvaise traduction.
Vous pouvez transmettre votre lettre à des associations qui se chargeront de les traduire et de les transmettre (Memorial France pzk@memorial-france.org, Initiative Olga Taratuta contact@solidarite.online). N’oubliez pas d’indiquer le nom du destinataire en Russie, ainsi que vos nom et prénom, votre e-mail pour la réponse.
Initiative « Olga Taratuta » de solidarité avec les réfugiés, déserteurs, insoumis de Russie, Ukraine et Belarus.
http://nowar.solidarite.online/blog
D’après un tutorial rédigé par Mémorial France : https://memorial-france.org/politzeki
Source: Solidarité avec réfugiés, déserteurs et pacifistes d’Ukraine, Russie
