Tire-au-flanc n°8 supplément

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QUELLE CLASSE !

Samedi 17 octobre un formidable élan de révolte a secoué toutes les villes de l’hexagone. Cette journée laisse derrièreelle une certitude : après avoir subi et baissé les yeux pendant des années, on a enfin relevé la tête.Une foule immense a envahi les rues : elle s’est jetée à l’assaut d’une police débordée de toutes parts et des vitrinesqui toute l’année exposent avec indécence les marchandises inaccessibles qu’on nous fait miroiter pour nous tenir enlaisse. Ayant mis les flics en déroute jusque dans les soi-disant beaux quartiers, à travers eux c’est l’État et les bourgesqui sont visés. Cette fureur soudaine n’a rien du « déferlement de violence insensée » que les chiens de garde del’ordre établi font semblant de ne pas comprendre. C’est la réponse encore balbutiante mais logique et conséquented’une classe exploitée, écrasée et humiliée chaque jour de son existence par une nuée de flics, de chefs, de patrons,de bourges et autres dirigeants, face à des conditions de plus en plus intenables.

C’est un premier coup d’arrêt mis au serrage de vis jusqu’à présent implacable entrepris par la bourgeoisie : nousmettre au régime maigre, sur la paille et nous faire marcher au pas en attendant de nous envoyer crever pour défendreses intérêts dans des guerres qui ne profitent qu’à eux. C’est une journée d’émeutes qui brisent la glace : letemps d’une journée déjà, elle fait voler en éclat les apparences trompeuses d’une acceptation résignée de son sort parchacun, elle a pulvérisé nombre des barrières qui séparent soi-disant les exploités entre eux selon d’où ils viennent,leur âge ou leur boulot, unis dans la haine des flics, dans la haine des bourges, et dans la joie de les avoir, ce coup-ci,bien calottés.

Au coude-à-coude dans l’affrontement de masse contre le régime des exploiteurs, on refait l’expérience électrisantede notre force collective, capable d’ébranler le monde.

 


Source: Loukanikos

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