Tire-au-flanc n°8

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NE RIEN DEMANDER, PRENDRE!

Depuis quelques temps, les gémissements du gouvernementet de ses amis bourgeois se font entendre. Sentant souffler levent de la révolte, ils entonnent tous le même refrain : « Onn’est pas responsables ! ». Pas responsables de la « situationinternationale ». Pas responsables des prix à la pompe. Pasresponsables de la canicule historique qu’on vient de subir. Pasresponsable, surtout, de la colère qui monte de partout et quivient d’exploser dans les lycées. Peut-être qu’ils commencentà flipper, tous ces ministres, patrons de stations-service,proviseurs et politiciens… Les voilà qui appellent au dialoguedémocratique tout en envoyant les flics tabasser les révoltés, ouqui tentent de récupérer la contestation pour la transformer enbulletins de vote. Mais personne n’est dupe. Ceux qui prétendentsubir la situation sont précisément ceux qui sont responsablesd’un système qui n’en finit pas de nous déposséder de tout.Car si les lycées s’embrasent, la colère dépasse désormaislargement les revendications matérielles immédiates. C’est unerévolte plus profonde qui s’exprime. Et aujourd’hui, c’est lajeunesse des lycées prolos qui donne le cap d’un mouvementautonome au reste de la classe. Elle sait ce qui l’attend :que, dans ce monde, il n’y a pas de place au soleil pourtout le monde ; que les budgets militaires explosentcar demain, il faudra fabriquer des drones à la chaîne,alimenter la machine de guerre et, peut-être, apprendreà les esquiver si l’affrontement mondial s’intensifie.Que la guerre qui se prépare aujourd’hui, c’est toujoursaux mêmes qu’on demande de la produire et d’ensupporter le coût à travers les mesures d’austéritépermanentes. Que le prix de l’essence ne permettrapas de se déplacer et tout juste de faire des cocktails ;que les étés caniculaires qui s’éternisent, alternés àdes orages et à des crues diluviennes, ne sont queles prémisses du monde invivable qu’on va devoir secoltiner ; que les pénuries engendrées et l’inflationseront le prix à payer de cette instabilité climatique.Car il n’y a pas de solution capitaliste aux ravagesengendrés par le capitalisme. Les luttes nous montrentque nous n’auront que ce que nous saurons prendre.Et cette colère ne s’arrête pas aux frontières. Petit tourde la lutte des classes : Au Chili, des milliers d’étudiantssont descendus dans la rue pour refuser l’austérité.En Albanie, depuis mai, une lutte contre la corruptiongouvernementale et la privatisation des services publicss’est transformée en confrontation ouverte avec le pouvoir.À Tirana les affrontements ont pris des allures de guérillaurbaine : des institutions ont été prises pour cible, le ministère del’Éducation et la mairie ont été incendiés, tandis que le ministèrede la Justice et le Parlement ont échappé de peu aux flammes,dommage que les drapeaux ne subissent pas le même sort.Depuis quelques semaines en France, des appels à se retrouverle 17 octobre circulent pour bloquer le pays et lutter ensemble(comme on a pu le faire pendant les Gilets Jaunes) suite àla hausse du gasoil, des denrées et au ras-le-bol général.Le mouvement lycéen, malgré son isolement, tient bon.Il continue de faire face à l’État avec audace, refusant derentrer dans le rang malgré la répression et les tentativesde récupération. Déjà plusieurs axes routiers bloqués en Guadeloupe contre la vie chère… Reste à enclencher la dynamique,à briser l’isolement, à sortir de l’apathie,de la peur, de la résignation.


Source: Loukanikos

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