La propagande électoraliste, une arme d’aliénation du prolétariat

La propagande électoraliste, une arme d’aliénation du prolétariat

Tous les cinq ans, le débat sur le vote présidentiel revient et dresse le même scénario, déjà bien établi : deux camps font semblant de s’affronter, la gauche et la droite. La droite va jouer sur la peur de l’étranger pour pousser à voter, tandis que la gauche va jouer sur la peur du retour du Troisième Reich. Deux camps qui prétendent s’opposer, mais qui utilisent finalement la même arme : la peur. Cette peur sert à enfermer le prolétaire dans une logique de choix entre deux camps présentés comme opposés, alors qu’ils sont tous les deux des composantes de la bourgeoisie, avec pour mission de prolonger et de protéger le capitalisme. Le point commun de ces deux stratégies est donc d’utiliser la peur pour détourner le prolétaire de sa liberté de réflexion et le pousser à une action précipitée, contre son intérêt collectif comme individuel.

Cette peur est notamment entretenue par l’utilisation permanente du mot « fascisme ». À force de l’utiliser à toutes les sauces, une grosse partie des personnes ne savent plus quelle est sa fonction, ni quand, comment et pourquoi ce système de dirigeance s’installe. Le fascisme est imposé par la bourgeoisie, et non par le vote, comme certains veulent le faire croire. On sait comment cela s’est passé historiquement : il apparaît dans un contexte de forte crise économique et de forts mouvements de masse ouvriers. Ce n’est donc pas simplement le résultat d’une élection ou d’un bulletin de vote, mais l’expression d’une transformation profonde des rapports de force entre les classes sociales.

Dans le contexte actuel, en sachant qu’il n’existe pas de mouvement de masse ouvrier comparable, la bourgeoisie n’a aucun intérêt à mettre en place le fascisme. Pour faire face à la crise économique, il lui suffit de s’appuyer sur un prolétariat docile et de durcir la démocratie libérale, qui constitue déjà une de dictature de la bourgeoisie. C’est justement dans cette situation que la peur du fascisme devient un outil de propagande électoraliste. À chaque élection, on ressort alors le même discours : il faudrait voter pour faire barrage au fascisme, défendre la République et sauver la démocratie libérale. Le prolétaire est ainsi placé devant une prétendue urgence : voter, même contre ses propres convictions, pour empêcher le pire. Mais ce barrage républicain est du vent, vous pouvez le mettre à la poubelle.

La peur devient alors un moyen de détourner notre attention de la véritable question : pourquoi continuer à déléguer notre liberté à des larbins de la bourgeoisie ? Pendant ce temps, la question de fond disparaît : celle de notre capacité à nous organiser nous-mêmes, à agir directement et à remettre en cause les rapports de domination étatiste.

C’est dès maintenant qu’il faut commencer à nous organiser pour abattre le capitalisme, et non attendre une nouvelle échéance électorale pour confirmer le choix de la bourgeoisie de celui qui sera le gestionnaire du capital pendant cinq ans. La propagande électoraliste est donc une arme d’aliénation du prolétariat : elle transforme la peur en moyen de contrôle et nous donne l’illusion d’une liberté d’action, alors que nous restons spectateurs, enfermés dans une cage qui nous paraît invisible.

Face à cette propagande électoraliste, l’affirmation révolutionnaire est l’abstention. Il faut l’affirmer avec fierté et surtout ne jamais se soumettre au chantage électoral. Notre liberté ne se trouve pas dans un bulletin de vote, mais dans notre capacité à nous organiser collectivement et à agir directement pour faire émerger la révolution.
Abstentionnistes et fière de l’être.

Viva la révolution sociale !

SLR

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