Don Juan et Tartuffe

11 août 2026 par Floréal

Dans un entretien télévisé pour la chaîne France 5, en 2023, Daniel Cohn-Bendit, l’ex-chat de gouttière de la banlieue rouge parti déguster une pâtée plus riche et faire ses gros ronrons sur un bel édredon du Parlement européen, évoquait sa relation avec Emmanuel Macron, dont il fut l’un des tout premiers et des plus ardents partisans.Tombé en disgrâce et n’étant alors plus admis à la Cour, l’ex-flagorneur mis sur la touche se livrait devant la caméra à une comparaison entre le Président naguère admiré et le personnage de Don Juan.Macron « est fascinant, affirmait-il, mais comme tous les Don Juan, à un moment vous ne l’intéressez plus, et il passe à quelqu’un d’autre ». On sentait là que la rupture fut douloureuse pour l’obséquieux Dany, rejeté par le charmeur de l’Elysée comme Elvire par le libertin de Molière.Mais si l’Elvire délaissée se retire dans un couvent pour ne plus apparaître, on imagine aisément qu’un Cohn-Bendit ne peut soudainement disparaître pour toujours derrière les murs épais d’un monastère. Une vie de m’as-tu-vu ne s’efface pas ainsi. Aussi vient-il à nouveau d’occuper un moment le devant de la scène, passant lui aussi à quelqu’un d’autre en annonçant soutenir désormais Raphaël Glucksmann, prétendant au Trône. Mais en déclarant, dans cette merveilleuse langue de bois annonciatrice d’une belle campagne électorale, que ce dernier avait « un positionnement nouveau qui ouvre une perspective d’avenir », on devine que ce ralliement tient plus de l’amertume du courtisan cocufié par son ex que d’une adhésion enthousiaste, comme celle que ce Tartuffe voua naguère à son Don Juan de président.

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Source: Floréal

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