Le bon-vouloir des meutes
22 septembre 2026 par Floréal
L’écrivaine argentine Ariana Harwicz vient d’en être la victime la plus récente. Invitée à participer au Festival international d’art, de littérature et des humanités de Grenade, en Espagne, elle vient de se voir signifier que les organisateurs du festival ne pourraient assurer sa sécurité, et qu’ils renonçaient donc à la faire venir, sous la pression de groupes militants pro-palestiniens.La « faute » d’Ariana Harwicz est d’avoir déclaré naguère qu’elle s’opposait au boycott culturel d’Israël. « Je suis contre tout boycott culturel. Je l’ai dit aussi pour les Russes à l’époque et je ledirais pour n’importe quel peuple et n’importe quel pays », précise Ariana Harwicz, qui avait affirmé par ailleurs qu’elle était tout à fait prête à participer à ce festival même en cas de protestations.« On m’a retiré de la liste au dernier moment. Ils ont cédé à la pression des militants. Ils ont cédé à la terreur », a-t-elle déclaré. Ce que confirme d’ailleurs le propos de la directrice du festival : « Il est très improbable que nous aurions pu parler de ses livres s’il y avait eu des manifestations. Il n’y aurait pu y avoir aucun débat, ni littéraire ni politique. »Cette terreur militante, liée à la lâcheté des organisateurs du festival, qui n’ont évidemment pas manqué de rappeler à la censurée combien ils admiraient ses livres, qui sont tout sauf propagande, aura donc fini par triompher une fois de plus, confirmant par là même qu’il nous faut vivre désormais au temps des meutes qui décident de ce que nous avons le droit d’écouter, de voir et d’entendre.Il est tout aussi affligeant de constater que, dans leur désir de paraître à tout prix ajouté à leur veulerie, les intellectuels invités à ce festival, dont le Français Patrick Boucheron, n’ont pas cru bon de protester contre cette censure qui frappe leur collègue. De son côté, l’Université de Grenade a publié un communiqué précisant qu’elle « ne partage pas cette décision » et a défendu l’idée selon laquelle « une université publique doit être un espace ouvert à la pensée critique, à la confrontation des idées et à l’expression de positions plurielles, même lorsque celles-ci s’avèrent divergentes ou controversées ». Ce communiqué gentillet réaffirme en outre son engagement en faveur de « la liberté d’expression et de création, du pluralisme, du respect de la diversité des idées et du dialogue ». Harwicz, elle, est allée plus loin dans sa dénonciation et a écrit sur le réseau X : « Assez de se soumettre à leurs euphémismes. Ils veulent exclure de la culture tous les Juifs et tous ceux qui ne pensent pas qu’il faille les censurer. Ils sont en train d’y parvenir. »
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Source: Floréal
