A leur tour, 130 auteurs vont être encensés pour être « entrés en résistance » et passer, qui sait ?, pour des héros de l’antifascisme. Aucun d’eux, pourtant, n’avait cru bon de quitter la maison Grasset, il y a trois ans, quand Bolloré, déjà facho à l’époque, est devenu leur employeur.
Il y a peu, Boualem Sansal faisait une nouvelle fois l’objet de critiques sévères pour avoir rejoint Grasset, propriété de Bolloré le facho. C’était mal d’aller chez le milliardaire d’extrême droite pour y être publié. D’accord.
Or voilà qu’avec le licenciement d’Olivier Nora à la tête de Grasset (était-il respectable, Nora, du fait d’être chez Bolloré ?) apparaît une liste d’auteurs Grasset démissionnaires qui, sans ce licenciement, seraient restés chez Grasset. Car ils ne quittent pas Grasset parce que Bolloré en est le propriétaire, mais parce que Nora est viré.
Etaient-ils respectables, ces auteurs Grasset, par le simple fait d’être chez Grasset-Bolloré ? Ça ne la gênait pas, Virginie Despentes, d’être chez Bolloré-Grasset jusque-là ? Depuis trois ans que Bolloré le facho a mis la main sur Grasset, ça laissait le temps à tout ce beau monde de quitter la maison. Que ne l’ont-ils fait ? Le seraient-ils restés, respectables, ces 130 auteurs, si Nora n’avaient pas été écarté ? Quand Boualem Sansal s’est vu reprocher de rejoindre Grasset, qui, parmi ces 130 auteurs indignés, a ouvert sa gueule pour dire « mais moi aussi je suis chez Bolloré le facho ! » ?
Je voudrais comprendre.
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