La situation actuelle est celle d’une révolte de la jeunesse. Il ne faut cependant pas oublier que ce mouvement ne se réduit pas aux lycéens et aux étudiants : il va beaucoup plus loin. Tous les jeunes, et plus largement toutes les générations, peuvent se retrouver dans ce mécontentement face aux conditions actuelles. Les prolétaires ont de plus en plus de mal à se nourrir et à vivre dignement, conséquence de la crise du capitalisme et du renforcement des lois autoritaires de la démocratie libérale, elle-même composante de la dictature de la bourgeoisie.
Le gouvernement a très peur de voir ce mouvement aller plus loin que de simples révoltes. Ils commencent alors par mettre en place des procédures de négociation avec les organisations syndicales étudiantes, présentes pour accompagner la casse et maintenir une vision petite-bourgeoise de la social-démocratie keynésienne.
Dans le même temps, les médias criminalisent les mouvements de la jeunesse, présentant les lycéens, les étudiants et les autres personnes mobilisées comme des criminels, voire comme des terroristes. Un acteur de soutien, mais aussi d’instrumentalisation, apparaît très rapidement au sein du mouvement : La France insoumise. Pourquoi La France insoumise intervient-elle directement dans le mouvement de la jeunesse en essayant de le contrôler ? La réponse est assez simple : LFI est un parti bourgeois dont le rôle est de contenir les personnes dans le camp politique de la gauche, pour empêcher la contestation de dépasser la critique de l’État-providence et d’aller jusqu’à des revendications d’abolition de l’État, de la police, du capitalisme et de l’armée.
LFI est ainsi un acteur contre-révolutionnaire, cherchant à empêcher l’auto-organisation de cette jeunesse. Ses tribuns répandent le nationalisme et maintiennent davantage les jeunes dans le capitalisme. LFI cherche également à obtenir un électorat chez les jeunes qu’elle peine à atteindre, utilisant ce mouvement comme un moyen de formatage idéologique, identitaire, tribunicien et pro-République française.
Il est de ce fait très important de remettre la perspective révolutionnaire au centre pour contrer cette vague de réformisme social-démocrate, qui enferme toujours davantage dans la société de consommation et dans l’obéissance à l’autorité de la bourgeoisie.
Il est vital de déconstruire l’aliénation sous toutes ses formes : par l’exploitation salariale, par la société du spectacle ou par l’existence même de la hiérarchie sociale. Cette dernière vient atomiser la liberté, inexistante dans une société capitaliste fondée sur de tels rapports de domination.
La condition du prolétariat doit être la révolution sociale : mettre fin à l’exploitation capitaliste, au système monétaire et à l’éducation bourgeoise. Une éducation qui endoctrine la jeunesse à servir dans l’armée, à servir de toutou au patronat et à devenir le « bon ouvrier », obéissant à la norme marchande et aux besoins de main-d’œuvre, en bon esclave du capitalisme.
Il est très important de porter cette critique et de faire barrage à La France insoumise et à son implantation dans les mouvements de la jeunesse. Son influence doit être écartée le plus rapidement possible afin de remettre la perspective révolutionnaire et la lutte des classes au centre du mouvement de la jeunesse.
Ce mouvement doit franchir toutes les frontières de ce monde. Aucun parti social-démocrate ne doit pouvoir mettre la main dessus.D’où la nécessité d’une cohésion idéologique autour du socialisme libertaire, de la lutte des classes et de la révolution sociale.
