Les manifestations sont l’incarnation même de la représentation, même de la performance symbolique, de représentation de la passivité des situations. On réduit la perspective d’évolution dans la manière dont notre situation sera plus ou moins en phase d’aliénation collective.
Une phase passive est l’action même déterminée par la norme de perfection du capital. Les exploités du spectacle deviennent incapables de réagir autrement, à se conformer, obéir à l’autorité du capital !
Le spectarisme prend toute sa place dans sa forme de visibilité, c’est l’action même de transformation de l’aliénation à la soumission, à la radicalité contrôlée.
Les forces du spectacle gagnent bien avant que l’expression même d’une croyance en une construction d’une action militante continue puisse réellement exister.
La manifestation devient alors elle-même une représentation de notre propre condition. Elle représente notre colère, notre opposition et notre volonté de transformation, mais cette représentation est une forme de passivité. On représente l’action au lieu de construire les conditions de l’action.
Le spectacle transforme alors l’expression de notre opposition en une nouvelle forme de consommation de la contestation. Nous sommes visibles, nous sommes présents, nous sommes nombreux, mais cette visibilité ne signifie pas nécessairement une transformation de notre situation.
La force du spectacle est justement de pouvoir intégrer sa propre contestation. La radicalité peut devenir une image, une représentation, une manière de se reconnaître dans une identité militante, sans que les rapports sociaux eux-mêmes soient réellement transformés.
L’exploitation continue, l’autorité continue, le capital continue, mais la représentation de notre opposition donne l’impression d’une rupture. C’est dans cette contradiction que le spectacle trouve sa propre force.
La manifestation devient alors une répétition de la même situation : nous exprimons notre opposition, nous retournons dans notre situation d’aliénation, puis nous recommençons. L’action devient un moment séparé du reste de notre existence, au lieu de devenir une construction permanente de notre émancipation.
Il ne s’agit donc pas simplement de faire une manifestation plus importante, plus radicale ou plus visible. Le problème se trouve dans la forme même de l’action lorsque celle-ci devient représentation de notre propre impuissance.
Sortir du spectacle de la société, c’est alors ne plus seulement représenter notre opposition au capital, mais commencer à transformer directement les rapports qui produisent notre aliénation.Il n’est plus la représentation de l’action qui doit devenir notre objectif, mais l’action elle-même. Ne plus être spectateurs de notre propre exploitation, ne plus attendre une autorité, une organisation ou une représentation extérieure pour agir.
La construction d’une action militante continue devient alors la rupture avec cette passivité. Elle ne consiste plus à représenter la transformation, mais à construire directement les conditions de cette transformation.
La condition du spectacle gagne lorsque nous regardons notre propre action comme quelque chose qui doit être représenté. Il perd sa force lorsque l’action cesse d’être une représentation et devient directement une pratique collective.
La question n’est donc plus seulement de savoir comment être visibles, mais comment agir. Comment sortir de cette représentation permanente de notre opposition pour construire une action qui transforme réellement notre situation. L »inacarnation de cette rupture avec le spectacle, avec la passivité et avec la soumission à l’autorité du capital que peut commencer une véritable construction collective de notre émancipation. La phase de conception des situations doit se construire en dehors de toute représentation étatiste.
Mort aux spectacles, Devenons les révolutionnaires demain !
Viva la révolution sociale !
SLR