On voit très clairement dans ce mouvement la phase de représentation de l’image imprégnée, immuable, chez les spectateurs du spectacle. Les lycéens ne voient pas la phase déjà préétablie des actions, même dans la représentation de la passivité, du temps, de la décomposition et de la phase de marchandisation que représente un affrontement médiatique spectaculaire.

Les acteurs du spectacle encouragent ces jeunes dans cette représentation de l’incarnation même de la norme du capital : les scènes d’action qui paraissent être déconnectées du spectacle. C’est pourtant bien, même, tout l’archétype de l’aliénation : on participe à notre propre marchandisation et à notre représentation déjà établie par le spectacularisme.
L’intégration même de ces jeunes au spectacle montre qu’ils n’en sont pas les acteurs, mais les objets de sa représentation. Ils sont intégrés à une représentation déjà établie, où leurs actions elles-mêmes deviennent une image consommable par le spectacle. Même lorsqu’ils pensent rompre avec cette représentation, leurs actions sont immédiatement récupérées, représentées et transformées en nouvelles images du spectacle. L’affrontement devient alors lui-même une marchandise, une scène parmi d’autres, qui peut être regardée, commentée, partagée et consommée.

C’est justement dans cette apparente opposition au spectacle que l’aliénation devient la plus visible. L’action paraît spontanée, elle paraît sortir du cadre, elle paraît même s’opposer à la passivité du spectateur, mais elle reste pourtant enfermée dans les formes que le spectacle lui-même a déjà produites. Le lycéen devient alors spectateuract de sa propre représentation, sans voir que l’image qu’il produit est déjà intégrée dans le spectacle. Il ne sort donc pas réellement du spectacle : il en devient une nouvelle représentation du spectarisme.

Et c’est là toute la phase de la société spectaculaire : L’autorité du capital cherche pas seulement à empêcher l’action, il peut aussi intégrer l’action elle-même lorsqu’elle devient une image. La contestation peut alors être montrée sans remettre en cause ce qui la produit, et l’affrontement peut être transformé en spectacle sans que les rapports sociaux qui l’ont produit soient réellement remis en cause. L’action mouventiste devient alors elle-même une représentation, la contestation devient une image, et ceux qui pensent agir participent finalement à sa propre reproduction. Ce mouvement est l’archétype du spectacle qui alimente les capitalisme, l’échéance électoral la grande répétition protectionniste du système étatiste.
Mort aux spectacles , vive la révolution sociale, vive le socialisme libertaire
Viva l’anarquia !

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