Le spectacle fait très vite oublier les problèmes d’une situation, en en faisant apparaître une autre encore plus complexe, ce qui permet à la servitude de continuer. La phase spectaculaire permet à chaque individu de se représenter dans le spectacle lui-même, d’en devenir une composante. Cette composante devient l’aliénation même de la pensée, colonisée par le paraître, qui remplace la réflexion de l’individu par la vénération du maître du spectacle. Cette notion empêche l’individu d’être un humain doué d’une libre conscience. La situation est contrôlée par les maîtres du spectacle. L’individu pense contrôler la phase spectaculaire, mais il la subit dans toute son existence. Le spectacle est un élément de la société occidentale qui se caractérise par sa diffusion constante, où toute cette construction devient une apparence naturalisée et presque immortelle. La colonisation du spectarisme fait de l’individu un otage de lui-même, un être devenu une machine qui croit à une liberté illusoire, façonnée par la société elle-même. La société est alors la phase de construction sociale du conformisme du spectarisme, où tout choix semble être libre, mais est en réalité déjà orienté avant même que la réflexion ne puisse se faire sur la situation qui suit. Une situation est le fait le plus illusionniste du contrôle de sa vie. Dans une société du spectacle, la situation n’est pas contrôlée par le croyant du spectacle, mais par le maître lui-même. La production du spectacle s’organise dès la naissance par l’apprentissage des normes d’obéissance à l’autorité supérieure et par la normalisation du spectacle marchand, qui transforme la vie en un prix sur un marché tentaculaire et omniprésent. Le marché est banalisé par l’aliénation de la société du spectacle, qui se diffuse dans toute réflexion de l’individu. La liberté des composantes de la société n’est ni plus ni moins qu’un semblant de vivre dans une sensation de contrôle absolu de toutes les situations. Le pouvoir du spectacle est de déposséder toute liberté à l’ensemble des exploités de la phase spectaculaire de la société du capital. Le spectacle marchand est le pouvoir même du système d’accumulation et du contrôle des situations. Le spectacle ne se maintient que par l’acceptation de l’individu de l’autorité et par l’acceptation des structures étatiques. Un individu ne sera libre que lorsque les situations seront libres de tout contrôle, par la disparition de l’autorité, des classes et du régime spectaculaire étatique.
L’arme de la fin du spectacle est par la construction de nouvelles situations hors de toute forme marchand et étatique
Les situations deviendront enfin les nôtres !