
Nous allons parler de l’ascension du populisme et du racisme utilisés par Kaïs Saïed. Il s’est rendu populaire en se présentant comme proche des travailleurs et du prolétariat, faisant de l’anti-élite son principal, voire son unique axe politique.
Il faut rappeler que la population tunisienne a déjà connu une révolution qui a mis fin au règne du dictateur Zine el-Abidine Ben Ali. La révolution s’est arrêtée avec la mise en place d’un gouvernement transitoire qui, en pratique, a dépossédé la classe ouvrière de sa capacité de décision politique.
Une grande partie des travailleurs en Tunisie s’est mobilisée contre ce nouveau gouvernement, qui ne proposait finalement que de faux espoirs. C’est dans ce contexte que Kaïs Saïed a saisi l’opportunité de se mettre en avant, avec la complicité d’une partie de la bourgeoisie, ce qui lui a permis d’accroître progressivement sa popularité et son influence.
Kaïs Saïed est rapidement devenu, en l’espace d’une dizaine d’années, une figure du « peuple » tunisien présentée comme un « sauveur ». Cette image s’est consolidée lors de élection présidentielle tunisienne de 2019, où il a remporté une large victoire en se présentant comme un candidat anti-élite, proche du prolétariat et extérieur aux partis traditionnels.
Progressivement, sa politique devient de plus en plus autoritaire. En 2021, il suspend le Parlement et concentre les pouvoirs. En 2022, il impose une nouvelle constitution lui donnant les pleins pouvoirs.
Plusieurs opposants sont arrêtés. En 2023, des figures de l’opposition sont arrêtées dans une affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ». Après leur procès en 2025, certains sont condamnés à de très lourdes peines, allant jusqu’à 20 ans de prison.
La contestation du prolétariat en Tunisie commence alors à monter face à ces mesures autoritaires. Sachant que son pouvoir pouvait tôt ou tard vaciller, Kaïs Saïed lance une politique anti-immigration visant les prolétaires Subsahariens. Avec l’appui de la bourgeoisie nationale, cette politique cherche à diviser les travailleurs et à détourner la colère de classe vers une haine raciste. Elle s’accompagne de vagues d’arrestations policières, d’expulsions et même d’abandons dans le désert visant des prolétaires qui passent par la Tunisie de manière temporaire dans l’espoir de rejoindre l’Europe pour espérer une vie meilleure.
La montée du racisme dans la culture populaire et dans la politique gouvernementale est la suite logique de cette politique populiste. En parlant de « peuple » et en réduisant tout à une identité nationale imaginaire, on tombe dans une logique qui mène au racisme et au culte du chef présenté comme le « porteur de la nation ». Les travailleurs qui ne correspondent pas à cette identité nationale sont alors désignés comme des « ennemis », accusés d’être responsables de la misère sociale.
Nous savons très bien qui sont les ennemis de classe : les capitalistes, agents du système capitaliste étatique. Tout le reste n’est qu’une stratégie pour détourner la colère sociale et empêcher les travailleurs de s’unir.
La seule réponse est donc de refuser ces divisions et de reconstruire la solidarité entre tous les travailleurs, entre tous les prolétaires. Tant que les exploités resteront divisés, le pouvoir et la classe dominante continueront de régner.
Ni État Ni capitalisme. Mort au racisme.
Vive la révolution sociale et l’unité de classe !
