Ces outils de « d’information » instrumentalisent l’immigration, présentant les travailleurs étrangers comme responsables de la « criminalité », de la « surcharge » des services publics, du « vol d’emplois », des « abus du système d’aide sociale », de l’« islamisation de la France », etc., afin de détourner l’attention du public des véritables problèmes, de nous distraire de la lutte des classes, tout en semant la division parmi les travailleurs et la population.
Macron, élu grâce aux votes de la gauche en 2017 et réélu en 2022, censément constituer un rempart contre le fascisme (ce qui vaut à certains en France qui ont appelé à ne pas s’abstenir de voter Macron, d’être qualifiés de « castors qui prennent l’eau »), s’est radicalisé vers l’extrême droite, notamment à travers des figures comme les ministres de la Police successifs Darmanin, Retaillau et d’autres, qui mettent en œuvre des lois xénophobes, ordonnent des rafles de migrants sans papiers, etc. Cette approche illustre clairement le mécanisme de contrôle de la population et d’instauration de l’autoritarisme, que ce soit par le biais des diverses campagnes et politiques « sécuritaires » de tous les gouvernements, ou par le recours massif à une rhétorique anti-immigration pour maintenir le pouvoir bourgeois. Le racisme se manifeste également par une montée de la musulmanophobie (haine envers les personnes présumées musulmanes, qui masque mal le racisme anti-arabe), alimentée par la théorie délirante du « grand remplacement ». Cette théorie prétend de façon absurde que la France est envahie par les musulmans et subit une islamisation, créant ainsi une confusion entre les individus (musulmans) et les activistes politiques (islamistes), qui constituent une infime minorité rejetée par la quasi-totalité de la population vivant en France, y compris les migrants.
Ces récits fabriqués de toutes pièces plongent les travailleurs « nationaux » dans la peur d’ennemis imaginaires, détournant l’attention des véritables problèmes : le capitalisme, le profit, la dictature de l’argent, l’État, le gouvernement, etc.
On observe également une montée de l’antisémitisme, alimentée par les images de massacres de Palestiniens perpétrés par l’extrême droite nationaliste israélienne, ainsi que par la propagation de théories du complot. Les tentatives du pouvoir (autorités, médias dominants, intellectuels influents) pour faire taire toute critique des politiques criminelles du gouvernement israélien ne font qu’attiser les flammes et alimenter ces théories du complot. Ces théories se retrouvent, par le biais de convergences improbables, voire d’alliances éphémères, entre l’extrême droite nationaliste (comme le groupe gravitant autour du militant néonazi Soral) et l’extrême droite islamiste ou pro-islamiste (comme « Les Indigènes de la République »). Il est vrai qu’elles partagent un dénominateur commun : des théories du complot alimentées par leur antisémitisme pathologique. Ces groupes d’extrême droite sont très actifs sur les réseaux sociaux, où ils répandent leur venin à grande échelle.
Tout cela n’est qu’une fabrication, une création d’ennemis imaginaires par les maîtres capitalistes pour diviser les travailleurs et les détourner de la lutte contre le capital.
Cet autoritarisme et cet assujettissement de la population se manifestent clairement par le renforcement du contrôle policier et la militarisation de la population – c’est-à-dire le recours systématique à la violence lors des contrôles d’identité et des manifestations (pistolets à impulsion électrique, barres de fer, matraques, gaz lacrymogène). Nous en avons été témoins lors de la répression brutale des mouvements populaires tels que les Gilets jaunes entre 2018 et 2021, ou lors de la manifestation écologiste de Saint-Soline, où plusieurs personnes ont été grièvement blessées. Les actes criminels et racistes de la police, comme le meurtre de Nahël à Nanterre, abattu à bout portant, illustrent ces exécutions extrajudiciaires cautionnées par l’État. La répression extrêmement brutale du mouvement étudiant actuel est une nouvelle démonstration de cette « terreur d’État » contre la population qui ose se révolter, en particulier lorsqu’elle est issue des quartiers populaires.
Sans parler de la recrudescence du profilage racial et de la criminalisation des quartiers populaires, qui renforcent cette oppression d’État et sociale. La brutalité policière est glorifiée dans les médias dominants et le discours officiel comme un signe de force, justifiant la répression par une prétendue « insécurité », en réalité créée par la bourgeoisie elle-même à travers son système, qui exploite et marginalise quotidiennement les travailleurs et la population en général, sans offrir d’avenir aux jeunes. Face à cela, la seule réponse possible est la solidarité, l’organisation collective et sociale, pour la lutte directe contre l’État, le gouvernement, l’autoritarisme, le capitalisme et la dictature du système monétaire. Autrement dit, il s’agit de mettre fin au capitalisme et au règne de l’exploitation, de l’argent, de la domination, etc. Il s’agit de mener une révolution sociale et libertaire !
Vive la révolution sociale !
Vive le communisme libertaire !
Vive l’anarchie !
Vive la liberté !
Un anarcho-syndicaliste d’un quartier populaire de la banlieue parisienne
Cet article est extrait du numéro 7 d’Al Amal (Espoir), bulletin du Groupes des anarchistes du Soudan, coédité par la CNT-AIT France avec l’aide d’anarchistes Tunisiens
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Source: CNT-AIT France
