Cuba, cinq ans après…
11 juillet 2026 par Floréal
La réponse du régime au pouvoir sans partage depuis près de soixante-dix ans fut la même que celle de tous les pays communistes ayant connu une contestation d’importance : arrestations massives, procès expéditifs et lourdes peines de prison. « L’ordre de combat a été donné », déclara alors devant les caméras de la télévision nationale le pantin Miguel Díaz-Canel, qui sert de président de la République et dont Raoul Castro tient les ficelles. « On a choisi d’emprisonner, de frapper, de surveiller, d’expulser et de semer la peur », écrit Yoani Sánchez, opposante historique à la dictature.Le prix à payer a été très lourd pour cette population cubaine, aujourd’hui dans un état de fatigue et de désespérance terrible. « Au cours de ces cinq dernières années, Cuba a perdu plus d’un million d’habitants en raison de l’émigration, selon les estimations d’experts indépendants. Les autorités elles-mêmes reconnaissent un effondrement démographique spectaculaire. Les jeunes partent en masse, les familles se fracturent et les voisins apprennent à se dire adieu à un rythme qui rappelle les temps de guerre », poursuit la journaliste indépendante du site « 14yMedio ».Cinq ans après, cette répression n’a fait que s’accentuer. L’association Prisoners Defenders, basée à Madrid, qui a récemment rendu public son rapport mensuel, fait état de plus de 2100 arrestations pour raisons politiques depuis ce fameux 11 juillet 2021, dont 2000 directement liées aux événements de ce jour-là. Cette organisation dénombre 1306 prisonniers politiques en ce début de mois de juillet 2026, record absolu depuis des décennies, dont une quarantaine de mineurs au moment de leur arrestation. Le rapport de Prisoners Defenders indique par ailleurs que 458 de ces prisonniers souffrent de pathologies graves et 53 de troubles psychiatriques sévères, privés de soins adaptés.« Le régime ne se limite plus aux manifestants ; il s’en prend désormais à tous ceux qui sont capables d’informer, d’influencer ou de mobiliser la société. Le régime agit désormais de manière préventive. Il veut empêcher qu’une manifestation comparable à celle du 11 juillet puisse se reproduire. Il ligote le peuple cubain par la surveillance numérique, les contrôles, les arrestations et les intimidations avant même que la contestation ne s’exprime », explique Javier Larrondo, président de Prisoners Defenders.C’est en effet sur internet que s’effectue principalement la répression exercée par le régime castriste. Quiconque publie sur les réseaux sociaux pour dénoncer les coupures de courant, les pénuries alimentaires ou pour exprimer une critique quelconque, risque de se voir arrêté et poursuivi pour « sédition », « rébellion », voire « espionnage ».Rien n’a donc changé dans cette dictature des Caraïbes, sinon en pire. « S’il devait faire face aujourd’hui à une mobilisation d’une ampleur comparable à celle de 2021, le gouvernement cubain la réprimerait de la même manière, voire plus durement encore », estime Javier Larrondo.De son côté, l’association Justicia 11J, qui a recensé dans le détail, de manière remarquable, toutes les victimes de la répression des manifestations de 2021, affirme que les années écoulées depuis lors constitue cinq années sans justice, mais les soixante-deux années qui ont précédé ces événements l’ont été tout autant.« Le résultat est là, devant nous : un pays plus triste, plus pauvre, plus vieillissant et plus cassé encore que celui qui était descendu dans la rue ce 11 juillet-là », conclut Yoani Sánchez.
Publié dans 07. Cuba | Laissez un commentaire
Source: Floréal
