O.T.
Merci aux compagnons de Réfractaires pour les traduction
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Alexeï Rozhkov a été condamné à 16 ans de prison pour l’incendie du bureau d’enrôlement militaire et pour une vidéo sur You Tube».
Alexeï Rozhkov, ancien vendeur de la région de Sverdlovsk, sera envoyé en colonie pénitentiaire pour avoir incendié le bureau de recrutement militaire et pour une vidéo YouTube dans laquelle il qualifiait l’opération spéciale russe en Ukraine de guerre et de génocide.
Le tribunal militaire central du district a condamné aujourd’hui Rozhkov à 16 ans de prison pour terrorisme, propagande terroriste et fausses informations sur l’armée. Il passera les quatre premières années en prison, puis sera transféré dans une colonie pénitentiaire à régime strict. En outre, il ne pourra pas administrer de sites web pendant quatre ans.
On sait que Rozhkov est âgé de 27 ans, qu’il est né à Ekaterinbourg, mais qu’il vivait à Berezovsky. C’est là qu’il a incendié le bureau local du recrutement militaire en 2022 pour protester contre l’opération spéciale. Il a été arrêté pour tentative de meurtre, puis l’affaire a été requalifiée en destruction de biens, et Rozhkov a été libéré sous caution.
Ayant violé les conditions de sa libération, il s’est enfui au Kirghizistan, d’où il est intervenu dans une émission YouTube, accusant les troupes russes de génocide contre les Ukrainiens et d’autres crimes de guerre. Rozhkov a ensuite été renvoyé en Russie et arrêté à nouveau. L’affaire a de nouveau été requalifiée, cette fois en vertu de l’article sur les attentats terroristes, et de nouvelles accusations ont été ajoutées.
source : https://fedpress.ru/news/66/policy/3380515
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La Cour suprême a confirmé la condamnation de l’anarchiste et mathématicien Azat Miftakhov.
D’après l’article du correspondant de Mediazona, les trois juges — Alexandre Voronov, Oleg Derbilov et Alexandre Zamashnyuk — ont rejeté le pourvoi en cassation formé par la défense contre le jugement rendu à l’encontre d’Azat Miftakhov.
Dans son recours, l’avocate Svetlana Sidorkina a qualifié les preuves présentées dans cette affaire d’irrecevables. Elle a déclaré que l’affaire était motivée par des raisons politiques et qu’elle avait été montée de toutes pièces dans le seul but d’empêcher Miftakhov de retrouvrer sa liberté.
Sidorkina a déclaré qu’Azat devait encore purger deux ans de prison : six mois en prison et le reste dans une colonie pénitentiaire à régime strict.
Selon la déclaration de l’avocate rapportée par SOTAvision, les propos attribués à Miftakhov et qu’il aurait tenus à son codétenu sont une retranscription des déclarations des agents opérationnels et de deux témoins. Sidorina a souligné que les procès-verbaux obtenus au cours des opérations d’enquête ont été soumis à une expertise linguistique : les témoins Gadzhimuradov et Trushko n’avaient pas le statut requis et leurs droits ne leur ont pas été expliqués. Une expertise psychologique et linguistique complète a été réalisée lors de la vérification du signalement du crime avant l’ouverture de la procédure pénale, ce qui est illégal. L’avocate a demandé l’annulation du verdict et l’arrêt de la procédure pénale.
Dans l’attente de la décision de la Cour suprême, à laquelle il a assisté par vidéoconférence depuis la colonie pénitentiaire, Miftakhov a déclaré que l’administration de la colonie pénitentiaire de Dimitrovgrad, dans la région d’Oulianovsk, le traitait normalement et ne lui mettait pas de pression.
Le condamné ne travaille pas et vit dans une cellule individuelle. Selon Mediazona, Azat n’a pas pu trouver de travail en raison de l’article de l’accusation : « On ne me propose que des travaux de nettoyage ». Il est en isolement total et ne voit dans la colonie que les employés du Service fédéral des prisons et, occasionnellement, d’autres détenus à travers une fenêtre.
Le prisonnier politique éprouve également des difficultés à approfondir ses connaissances scientifiques : il n’a personne avec qui discuter de mathématiques. Miftakhov a raconté que sa femme Elena l’aidait en lui envoyant des exercices de mathématiques. « J’ai décidé de me rappeler ma jeunesse », plaisante l’ancien doctorant du département de théorie des fonctions et d’analyse fonctionnelle de la faculté de mathématiques et de mécanique de l’université d’État de Moscou. Le prisonnier politique a également raconté qu’il envoyait à sa femme des problèmes de mathématiques et qu’elle lui envoyait des problèmes de chimie.
Rappelons que le 28 mars 2024, Azat Miftakhov a été condamné à 4 ans de prison, dont 2 ans et 6 mois qu’il doit passer en prison, le reste de sa peine dans une colonie pénitentiaire à régime strict. Le 4 septembre 2023, il a été arrêté à la sortie de l’IK-17 à Omutninsk, dans la région de Kirov, où il avait déjà purgé une partie de sa peine. Le motif de cette nouvelle poursuite pour « apologie du terrorisme » était (soi-disant) les commentaires d’Azat lors du visionnage d’une émission télévisée en compagnie d’autres détenus sur l’anarchiste Mikhaïl Zhlobitski, auteur d’un attentat à la bombe dans les locaux du FSB à Arkhangelsk. Les détenus et un employé de la colonie ont témoigné contre Azat.
Adresse pour les lettres : Miftakhov Azat Fanisovich, né en 1993, 433503, Fédération de Russie, région d’Oulianovsk, Dimitrovgrad, rue Kalouguine, 66, FKU T-1. Il est possible d’envoyer des lettres via les services F-PISMO et ZT, ou par notre intermédiaire. D’autant plus que les courriers doivent être traduits en russe sinon ils ne sont pas remis. Pour plus d’infos sur comment écrire aux prisonniers en russie, consultez notre petit guide ici : Écrire aux prisonnières et prisonniers anti-guerre en Russie )
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L’anarchiste et militant anti-guerre Dmitri Osiaguine a été condamné à 15 ans de prison pour avoir incendié le bâtiment du tribunal.
Dmitri Osiaguine a été inculpé pour trois chefs d’accusation : incitation à l’extrémisme (partie 2 de l’article 280 du Code pénal), terrorisme (partie 2 de l’article 205.2 du Code pénal) et « attentat terroriste » (partie 1 de l’article 205 du Code pénal).
Selon l’enquête, en février 2023, Dmitri aurait incendié le tribunal de première instance du district de Privolzhsky à Kazan. Le local était situé au rez-de-chaussée d’un immeuble résidentiel. Selon les médias, le feu n’a endommagé que le coin d’un cadre de fenêtre et s’est rapidement éteint. Au départ, l’affaire a été ouverte pour dégradation de biens, mais elle a ensuite été requalifiée en « acte terroriste » (partie 1 de l’article 205 du Code pénal).
Outre l’incendie criminel, Osyagin a été accusé d’avoir publié 17 messages appelant à la violence contre des représentants du pouvoir, y compris le président de la Fédération de Russie, et 27 messages qui, selon l’enquête, contenaient des propos terroristes.
Dans un communiqué de presse, le tribunal a souligné qu’Osyagin s’était opposé à l’invasion de l’Ukraine et qu’il était membre de l’organisation anarchiste « Organisation de combat des anarcho-communistes » (BOAK), qui a revendiqué des actes de sabotage sur les voies ferrées et soutient les anarchistes-partisans.
La BOAK a elle-même fait le commentaire suivant : « Nous sommes fiers de considérer le partisan emprisonné comme un camarade et un compagnon de lutte, mais nous ne pouvons expliquer pourquoi les médias d’État le qualifient de membre de la BOAK. Il y a deux possibilités. Soit il était réellement en contact avec nous et agissait en tant que cellule individuelle autonome de l’Organisation — nous ne collectons aucune information sur les membres autonomes, et il est donc difficile de l’identifier avec précision. Soit la participation de Dmitri à la BOAK a été attribuée par le FSB, le parquet et le tribunal afin de lui infliger la peine la plus lourde possible. »
Après son arrestation, en 2023, Osyagin a été ajouté à la « liste des terroristes et extrémistes », et maintenant, en plus de 15 ans de prison, le tribunal lui a également interdit d’administrer tout site web pendant 4 ans après sa libération. Le verdict a été rendu par le juge du tribunal militaire central de district Alexandre Raïtski le 18 juin 2025.
On ignore où Dmitri Osiagino est actuellement détenu. Si vous disposez d’informations sur le lieu de détention de l’anarchiste, l’équipe « Огни свободы » (Les lumières [feux] de la liberté) vous prie d’écrire à l’adresse firesoffreedom@protonmail.com .

Sur la photo : la fenêtre du bureau des juges de paix, dont Dmitri Osiagin est accusé d’avoir incendiée
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source : https://avtonom.org/news/ruslanu-sidiki-ugrozhali-pytkami-v-sizo-ryazhska.
Ruslan Sidiki a été menacé de torture dans le centre de détention de Ryazhsk
L’anarchiste Ruslan Sidiki, condamné à 29 ans de prison pour deux actes de sabotage contre des infrastructures militaires russes, a déclaré à son avocat qu’à son arrivée au centre de détention provisoire n° 2 de Ryazhsk, dans la région de Ryazan, des agents du Service fédéral pénitentiaire (FSIN) l’avaient menacé de torture. Selon la chaîne Telegram « Огни свободы » (Les lumières de la liberté), ils lui ont demandé des informations sur le paiement de son avocat, sur l’initiative de défense des droits humains « Zona solidaritosti » (Zone de solidarité), qui soutient Ruslan depuis longtemps, ainsi que sur les services de renseignement ukrainiens.
Lors de sa rencontre avec son avocat, Ruslan a exposé les circonstances de son arrivée au SIZO-2 de Ryazhsk, où il a été transféré du SIZO-1 de Ryazan à la mi-juin sans explication :
« Deux agents du Service fédéral des prisons m’ont emmené dans un bureau et ont commencé à m’interroger sur mon affaire. Je leur ai donné un bref résumé, après quoi l’un d’eux a commencé à appeler quelqu’un en disant : « Viens torturer le terroriste ». Puis il a commencé à poser des questions plus précises : « Qui est mon avocat ? », « Qui le paie ? », « Combien est-il payé ? », « Que sais-tu de l’organisation « Solidarity Zone » [NDLR : qui apporte un soutien logistique aux « anti-autoritaires » ayant rejoints l’armée ukrainienne] ? », « Est-elle financée par l’Ukraine ? », « Connais-tu d’autres terroristes prêts à commettre les mêmes actes ? »,
« Comment s’appelaient les agents du GUR ? », etc. Après ma réponse que je ne savais rien de tout cela, l’un des agents est allé chercher un pistolet électrique et m’a demandé : « Est-ce qu’on t’a torturé avec ça ? » Il a commencé à le faire claquer et à brûler du papier. Puis il a dit : « Est-ce qu’on t’a mis un casque sur la tête ? Crois-moi, c’est très douloureux, et ça me fait mal de voir ça, alors ne m’oblige pas à recourir à de telles mesures. » « As-tu vu les matraques des agents ? Tu sais comment ça fait quand on te frappe les fesses sans lubrifiant ? » « Est-ce qu’on t’a mis un sac sur la tête ? » « Raconte tout comme ça s’est passé, sinon je vais devoir recourir à ça. » « Quand l’avocat arrivera, demande-lui qui le paie. » Je ne sais pas s’ils bluffaient ou non, mais ces questions leur avaient clairement été dictées par les agents du FSB. <…> Ces agents m’ont également dit à quel point les Ukrainiens étaient mauvais, qu’ils maltraitaient les gens, alors qu’eux (les Russes) ne touchaient à personne. »
« Les agents du Service fédéral pénitentiaire comprennent probablement que toutes les informations possibles sur l’affaire sont déjà connues du FSB », écrit Ogni Svobody. Ruslan ne dispose d’aucune information sur le financement des organisations de défense des droits de l’homme [ou de soutien aux militants engagés dans l’armée ukrainienne]. Cette campagne d’intimidation ressemble donc plutôt à une tentative de briser Ruslan qui, malgré les tortures et la lourde peine qui lui a été infligée, reste fidèle à ses convictions et ne perd pas son esprit combatif.
Nous vous appelons à soutenir Ruslan par courrier. Il ne faut pas écrire dans vos courriers au sujet de sa situation, car ces lettres pourraient ne pas être transmises [cf. notre guide de rédaction des courriers aux prisonniers en Russie indiqué précédemment] . Mais vous pouvez raconter les histoires de prisonniers héroïques du passé, des Narodniks à Nelson Mandela. Et surtout, montrez que Ruslan n’est pas seul, qu’il y a beaucoup de gens qui suivent son sort.
Nous vous demandons de ne pas écrire aux autorités russes, qu’elles soient diplomatiques, judiciaires ou de surveillance au sujet des menaces proférées à l’encontre de Ruslan par les employés du Service fédéral des prisons sans l’accord de Ruslan ou de son avocat. [Tout courrier aux autorités pourrait être détourné, trafiqué et utilisé contre lui]
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Déclaration de l’Anarchist Black Cross – Moscou au sujet de Ruslan Sidiki (Octobre 2025)
L’anarchiste Ruslan Sidiki, condamné à 29 ans de prison pour deux actes de sabotage contre l’armée russe, a ouvertement déclaré avoir pris contact avec les services de renseignement militaires ukrainiens afin d’organiser une attaque contre l’aérodrome militaire russe de Dyagilevo, où sont basés des bombardiers stratégiques. Dans des lettres publiées, il expliquait son motif :
« Le grondement des TU-22 et TU-95 derrière ma fenêtre coïncidait avec les frappes sur l’Ukraine, et cela a déterminé mon choix de cible : l’aérodrome militaire de Dyagilevo, à seulement 10 kilomètres de chez moi. Je vivais avec ma grand-mère de 80 ans et je comprenais à quel point il était difficile pour les personnes âgées et malades de passer l’hiver sans chauffage ni électricité. En remplissant la baignoire d’eau chaude, je pensais à ceux qui, à des milliers de kilomètres de là, étaient privés des conditions de vie élémentaires à cause d’ambitions géopolitiques ».
À la demande de ses camarades, il a raconté plus en détail comment il avait collaboré avec les services de renseignement ukrainiens :
« J’ai eu l’idée de détruire les avions à Dyagilevo, et j’ai écrit à un camarade en Ukraine, que je connais depuis 2013. Je lui ai dit que j’avais cet objectif <…>. Je lui ai demandé de me mettre en contact avec un programmeur, car j’avais besoin de conseils pour mettre mon plan à exécution. Je lui ai expliqué que je disposais d’un quadricoptère lourd de fabrication artisanale, capable de soulever et de voler sans problème avec trois kilos. Voici comment je comptais procéder : j’allais y attacher une bombe planante de fabrication artisanale avec une mission de vol. Avant cela, j’identifie la cible depuis les airs et je calcule les coordonnées que j’entre dans la bombe. Je lève la bombe à une altitude d’environ un kilomètre, je m’approche de l’aéroport et je la largue à une distance de quelques kilomètres de la cible. Ensuite, la bombe vole vers la cible, le quadricoptère vole vers moi et je quitte les lieux. J’avais besoin d’aide pour le code du programme <…>. Car seul, cela m’aurait pris beaucoup plus de temps. J’ai également demandé s’il était possible de télécharger le micrologiciel de l’arme pour le « Bayraktar » ou s’il existait des développements similaires capables de réaliser mon projet. Sachant que mon ami pouvait avoir des relations dans l’armée, je lui ai soumis ces demandes.
Un mois plus tard, le camarade a mis Ruslan en contact avec « Alexandre », qui s’est avéré être un militaire. Ce dernier a proposé de l’aider à acheter des composants pour assembler plusieurs drones kamikazes, car il estimait que le plan initial de Ruslan n’était pas suffisamment sûr. Ruslan a accepté, car il travaillait lui-même comme électricien pour 27 000 roubles par mois et ne pouvait pas se permettre un tel achat.
L’opération avec les drones n’a été qu’un succès partiel : sur les quatre drones programmés pour un vol différé, un seul a décollé (les trois autres auraient été renversés par un renard) — il a endommagé la piste d’atterrissage, mais n’a causé aucun dommage aux avions.
Ruslan a alors décidé d’agir depuis le sol : faire sauter les voies ferrées utilisées par les militaires. Les services de renseignement ukrainiens l’ont aidé dans cette action en menant une expérience à distance sur la demande de Ruslan afin de faire sauter les rails, afin que le partisan puisse calculer plus précisément la charge nécessaire pour la bombe. L’opération de sabotage ferroviaire a été un succès : Ruslan a attendu le passage d’un train de marchandises et a déclenché à distance l’engin explosif. Dix-neuf wagons du train ont déraillé et la voie a été bloquée pendant longtemps.
Ruslan souligne qu’il a mis en œuvre son propre plan et que les services de renseignement ukrainiens l’ont aidé à le réaliser. Le partisan note :« Je ne voyais et ne vois toujours aucune contradiction dans le fait de coopérer avec de telles personnes, car nos objectifs coïncidaient : lutter contre l’agression russe. Si j’avais connu des personnes en Russie, y compris parmi les anarchistes, qui avaient des objectifs similaires, je me serais peut-être joint à elles. »
Nous n’appelons pas et n’encourageons pas la coopération avec les services secrets et les services spéciaux ukrainiens, même contre l’agression russe. Le fait est qu’ils poursuivent leurs propres intérêts et se moquent du sort de ceux avec qui ils coopèrent. De nombreuses personnes ont été arrêtées après des actions proposées par les services secrets ou les forces spéciales ukrainiens, mais la partie ukrainienne ne leur a apporté aucun soutien après leur arrestation. Toute information sur les anarchistes russes peut être utilisée par eux contre le mouvement anarchiste international, et également transmise aux services secrets d’autres pays, y compris russes, après la guerre. L’Anarchist Black Cross – Moscou ne coopère jamais avec aucun service secret ou renseignement.
D’autre part, dans le contexte d’une guerre impérialiste, nous ne condamnons pas la coopération avec les services secrets et les services de renseignement ukrainiens contre l’agression russe. Ruslan Sidiki a agi de son propre chef, à ses risques et périls, les risques se sont concrétisés et il a payé le prix fort pour ses actes.
Nous le considérons comme un héros du mouvement anarchiste.
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Condamnation des Pussy Riot pour des performances artistiques anti-guerre
Octobre 2025
Les membres du groupe Pussy Riot ont été condamnées par contumace à des peines allant jusqu’à 13 ans de prison pour leur clip et leur performance anti-guerre
Au cours des débats, le procureur Vladimir Nagaytsev a demandé que les membres du groupe punk Pussy Riot soient condamnées par contumace à des peines allant de neuf à 14 ans de colonie pénitentiaire pour diffusion de « fausses informations » sur l’armée russe (points « b » et « d » de la partie 2 de l’article 207.3 du Code pénal), rapporte Mediazona .
Maria Alekhina encourt 14 ans d’emprisonnement, Taso Pletner 13 ans, Olga Borisova, Diana Burkot et Alina Petrova 9 ans chacune.
Le procès se déroule au tribunal du district de Basmann à Moscou. Lors de l’audience, le procureur a déclaré que les membres du groupe punk « s’opposaient au pouvoir en place ».
L’affaire pénale a été déclenchée par le clip antimilitariste « Maman, ne regarde pas la télévision » et une performance au musée « Pinacothèque d’art moderne » de Munich. L’accusation a insisté sur le fait que le clip contenait de fausses informations sur les meurtres de civils ukrainiens par des soldats russes. Concernant la performance, le parquet a souligné que Pletner avait « commis des actes obscènes » avec le portrait de Vladimir Poutine. Pendant leur performance, elles ont uriné dessus.
Les membres de Pussy Riot ne reconnaissent pas leur culpabilité. « Les institutions étatiques doivent être prêtes à accepter la critique », indique la déclaration de Borisova, présentée au tribunal par les avocats de la défense.
Les activistes ont été recherchées l’année dernière, puis arrêtées par contumace. Elles ont toutes quitté la Russie après le début de la guerre en Ukraine.
En mai, les proches des accusées ont fait l’objet de perquisitions. Dix agents des forces de l’ordre se sont présentés chez l’un des proches de Pletner, munis d’un marteau. La famille Bourkot a reçu la visite des forces de l’ordre à cinq heures du matin. Ses proches ont été mis à terre, face contre terre, et son frère et sa sœur ont été réveillés en criant « Face contre l’oreiller ».
13h31 Le tribunal de Basmanny a condamné par contumace les membres de Pussy Riot à des peines allant de huit à treize ans de colonie pénitentiaire, Maria Alekhina a été condamnée à 13 ans et 15 jours de prison, Taso Pletner à 11 ans, Olga Borisova, Diana Bourkot et Alina Petrova à huit ans chacune.
Source: Olga Taratuta
