Il existe dans ce pays des groupements véritablement d’extrême gauche, notamment trotskistes, comme Lutte ouvrière, les deux NPA, Révolution permanente, ainsi que des petits partis d’obédience maoïste ou autres fantaisies marxistes, dont je m’empresse de préciser que je n’éprouve absolument aucune sympathie envers eux. Il existe aussi, hors extrême gauche, des organisations libertaires, comme la Fédération anarchiste, l’Organisation communiste libertaire ou l’Union communiste libertaire, même si cette dernière, clone du NPA, mérite davantage le qualificatif de gauchiste.Tous ces groupements, s’ils n’ont pas l’influence des partis politiques dits « représentatifs », celle qui se mesure les jours d’élection, n’en sont pas moins des organisations parfaitement légales, possédant des locaux, publiant des journaux (sans aides de l’Etat), menant des activités militantes classiques et dont les adhérents financent eux aussi le service public en tant que citoyens.Les « grands » médias, dont les représentants nous arracheraient des larmes lorsque, la main sur le cœur, ils jurent que leur souci premier est de veiller au bon équilibre des opinions, ignorent complètement tout ce pan de la vie politique. Pourquoi ?Dans les débats que proposent chaque jour nombre d’émissions radiophoniques ou télévisuelles, si la représentation droite-gauche est à peu près respectée dans le panel des toujours mêmes experts et autres spécialistes en tous domaines, ainsi que dans l’éventail de la presse, de L’Humanité à Valeurs actuelles, c’est en vain qu’on serait invités à entendre de temps à autre le point de vue des rédacteurs de Lutte ouvrière ou du Monde libertaire, par exemple. Pourquoi ?On nous répond le plus souvent que ces organisations demeurent marginales et ne représentent que peu de monde. Et alors ? On laisse bien s’exprimer, sur des sujets graves, certaines personnalités du monde artistique, même farfelues, même délirantes, qui ne représentent qu’elles-mêmes.
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Source: Floréal
