Un phénomène devient un danger absolu : l’uniformisation de l’apparence. Le culte de la perfection physique se répand, mais toute réflexion disparaît, tout devient superficiel. Cette obsession de l’apparence est de l’eugénisme : vouloir représenter des corps « parfaits » obsession du corps musclé, comme modèles universels. Ne voyez‑vous pas le problème ? Cette uniformisation sert à codifier et contrôler le prolétariat, à le transformer en robots de combat au service du capital.
Ce délire de vouloir ressembler à une image mystifiée a pour but de faire croître l’industrie des salles de sport et toutes les autres absurdités réactionnaires. Le sport devient une arme d’endoctrinement : l’apparence codifiée, les hymnes nationalistes projetés dans ces lieux, le roman national qui s’invite partout. Cette uniformisation est profondément validiste : elle exclut toute personne qui ne correspond pas aux normes productivistes de la société marchande.
Venons au lien avec la religion. Le culte de l’apparence fonctionne exactement comme une religion : il impose des règles, sacralise la discipline corporelle, promet une « perfection » inaccessible, et culpabilise celles et ceux qui échouent. Le corps devient un autel, le miroir un tribunal. Péché hier, « laisser-aller » aujourd’hui ; pénitence hier, entraînement quotidien aujourd’hui. Le dogme reste le même : obéir, se conformer, se discipliner.
Nombrilisme, culte de soi-même, obsession du miroir. Au cœur de ce système se trouve un narcissisme organisé et entretenu par le capital. L’individu est contraint de se contempler, de s’auto-juger, de se corriger et de se vendre. Chaque imperfection devient faute morale, chaque écart à la norme, échec personnel. Ce nombrilisme détourne l’attention des structures de domination et neutralise toute révolte : plus on est obsédé par son image, moins on regarde le monde et ses injustices.
Détruire ce culte, c’est rejeter l’uniformité du corps, tout comme on rejetait l’uniformité idéologique. C’est refuser que les corps soient réduits à des marchandises, des symboles nationaux ou des outils de discipline. Ni Dieu, ni maître pas même dans le miroir.
Viva la révolution sociale !