Ajourd’hui, 10 Janvier; le régime islamique a coupé toutes les communications : internet et semble-t-il les téléphones aussi.
Cela n’empêche pas le mouvement de se propager dans de nombreuses villes. Selon des compagnons anarchistes iraniens :
« Les manifestations se poursuivent pour le treizième jour consécutif ; on dénombre 45 morts et des centaines de blessés. Les manifestations nationales, qui ont débuté la nuit dernière et se sont poursuivies à l’aube de leur treizième jour, vendredi 9 janvier, ont touché de nombreuses villes d’Iran, dont Téhéran, Ispahan, Tabriz, Zahedan, Ahvaz, Mashhad, Qom, Sanandaj, Gorgan et Gonbad-e Kavus.
Sur une vidéo montrant des milliers de Téhéranais participant aux manifestations, on entend une femme crier : « Téhéran est conquise !»


Dans certaines villes, notamment Shazand, des bâtiments gouvernementaux ont été pris pour cible.
Des vidéos en provenance de Gorgan et de Gonbad-e Kavus montrent des manifestants scandant des slogans tels que « Mort au dictateur ! » et « Mort à Khamenei !»
Sur une place d’Ardabil, des manifestants, après avoir abaissé le drapeau de la République islamique, ont crié : « L’Azerbaïdjan est honorable, Seyed Ali est déshonorant ! »
Dans d’autres villes de l’Azerbaïdjan iranien, le slogan était : « L’Azerbaïdjan est honorable, les Bassidj sont déshonorables. » »
Alors que les médias ici essaient de vendre le retour du fils du Shah (roi d’Iran), en invitant sur les plateaux de chaines d’infos des propagandistes monarchistes iraniens qui veulent nous faire gober que « le peuple réclame son retour », la rue réponds par des graffitis explicites :
À bas l’oppresseur, qu’il s’agisse du Shah ou du guide (suprême)
Je ne veux ni roi ni mollahs. Le pouvoir aux conseils !


Un communiqué du Syndicat des chauffeurs de bus de Téhéran :
« Soutien au mouvement légitime de revendication du peuple ; avancer vers une liberté et une égalité réelles, et non vers un retour au passé »
Les protestations et grèves populaires dans différentes villes du pays sont entrées dans leur onzième jour. Malgré le durcissement du climat sécuritaire, la forte présence des forces de l’ordre et de sécurité et les répressions violentes, l’ampleur et la diversité des mobilisations demeurent importantes. Selon les rapports, au cours de cette période, au moins 174 points dans 60 villes de 25 provinces ont été le théâtre de protestations, et des centaines de manifestants ont été arrêtés. Malheureusement, durant ce même laps de temps, au moins 35 citoyens protestataires, dont des enfants, ont perdu la vie.
De Dey 1396 (janvier 2018) à Aban 1398 (novembre 2019) et Shahrivar 1401 (septembre 2022), le peuple opprimé d’Iran a, à de multiples reprises, montré par sa présence dans les rues qu’il ne tolère pas les rapports économiques et politiques dominants ni les structures fondées sur l’exploitation et l’inégalité. Ces mouvements ne visent pas un retour au passé, mais la construction d’un avenir libéré de la domination du capital, fondé sur la liberté, l’égalité, la justice sociale et la dignité humaine.
Tout en déclarant notre solidarité avec les luttes populaires contre la pauvreté, le chômage, la discrimination et la répression, nous affirmons clairement notre opposition à toute forme de retour à un passé marqué par l’inégalité, la corruption et l’injustice. Nous sommes convaincus que la véritable émancipation ne peut être obtenue que par la direction et la participation conscientes et organisées de la classe ouvrière et des masses opprimées, et non par la reproduction de formes de pouvoir archaïques et despotiques. Dans ce contexte, les travailleurs, les enseignants, les retraités, les infirmières, les étudiants, les femmes et en particulier les jeunes, malgré la répression généralisée, les arrestations, les licenciements et les pressions économiques, demeurent à l’avant-garde de ces luttes. Le Syndicat des travailleurs de la Compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue souligne la nécessité de poursuivre des protestations indépendantes, conscientes et organisées.
Nous l’avons dit à maintes reprises et nous le répétons encore : la voie de la libération des travailleurs et des exploités ne passe ni par la fabrication de leaders au-dessus de la tête du peuple, ni par l’appui sur des puissances étrangères, ni par les factions internes du pouvoir, mais par l’unité, la solidarité et la création d’organisations indépendantes dans les lieux de travail et de vie, ainsi qu’à l’échelle nationale. Nous ne devons pas permettre d’être une nouvelle fois les victimes des jeux de pouvoir et des intérêts des classes dominantes.
Le syndicat condamne également avec la plus grande fermeté toute propagande, justification ou soutien à une intervention militaire des gouvernements étrangers, notamment des États-Unis et d’Israël. De telles interventions ne conduisent pas seulement à la destruction de la société civile et au massacre de la population, mais fournissent aussi un nouveau prétexte à la poursuite de la violence et de la répression par le pouvoir en place. Les expériences passées ont montré que les États occidentaux dominants n’accordent aucune valeur réelle à la liberté, aux conditions de vie et aux droits du peuple iranien.
Nous exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de tous les détenus et insistons sur la nécessité d’identifier et de traduire en justice les donneurs d’ordres et les auteurs des massacres de la population.
Vive la liberté, l’égalité et la solidarité de classe
La solution pour les exploités, c’est l’unité et l’organisation
Syndicat des travailleurs de la Compagnie de bus de Téhéran et de sa banlieue
17 Dey 1404 (7 janvier 2026)
Les chauffeurs de bus de Téhéran sont des coriaces :
« Inversement, le seul exemple connu de réussite de formation d’un syndicat indépendant est celui d’un syndicat catégoriel : les conducteurs de bus de Téhéran. Malgré une répression systématique, le 13 mai 2005, 3000 travailleurs se rassemblaient pour réclamer la dissolution du Conseil islamique. « Le 3 juin, à l’occasion d’une nouvelle convocation à une assemblée d’entreprise, les forces de sécurité empêchèrent les travailleurs d’atteindre le lieu de réunion. Vers midi environ 500 travailleurs se rassemblèrent avec des pancartes ; la police reçut alors l’ordre de se retirer. C’est à ce moment là que fut fondé le syndicat des travailleurs des transports publics urbains de Téhéran (Vahed) ; on estime que 5000 travailleurs (sur 14 000), hommes et femmes, ont participé à la fondation de ce premier syndicat légal. [1] (Wildcat repris par Echanges).
[1] Fin 2005, début 2006, le syndicat a été l’objet d’une féroce répression suite à un début de grève salariale (cf ici https://cnt-ait.info/2006/07/27/teheran-greve-des-transports-en-commun/). Les chauffeurs sous la menace des armes de la police étaient contraints de monter dans leur bus, ceux qui refusaient étaient tabassés. Toute la direction du syndicat a été arrêtée. A la suite d’une nouvelle grève, à l’exception de son président, la direction a été libérée. Quand, fin janvier 2006, une nouvelle grève est annoncée pour la libération de ce président, plus de 500 syndicalistes et chauffeurs de bus sont jetés en prison. Libérés, ils ont été licenciés.

Nouvelles anarchistes d’Iran (11, 10 et 9 janvier 2026)
L’armée se joint à d’autres forces armées pour réprimer violemment la révolution du peuple iranien !
Selon des informations diffusées sur les réseaux sociaux persans, en Iran et à l’étranger, l’« Armée de la République islamique » a publié aujourd’hui, 10 janvier 1404, un communiqué d’avertissement visant à « protéger les infrastructures stratégiques et les biens publics du pays… et à contrer fermement toute conspiration de ceux qui perturbent l’ordre et la paix des villes et portent atteinte à la sécurité publique », sous le commandement d’« Ali Khamenei », pour se joindre à d’« autres forces armées ». Il convient de noter que ce n’est pas la première fois que le gouvernement fasciste qui contrôle l’Iran est confronté à un « manque d’effectifs » pour réprimer les justes manifestations populaires, comme lors du soulèvement sanglant de novembre 1399.
11 janvier 2026 Front anarchiste
Massacre de Machhad,
je viens d’apprendre ce qui s’est passé aujourd’hui ! Mon beau-frère a été battu la nuit dernière. Il a été roué de coups au point de ne plus pouvoir se relever. La peau de ses jambes était arrachée. Il pleurait, disant que quatre de ses amis avaient été tués sous ses yeux. Un de nos proches a également été tué à Chenaran. Je suis sous le choc.
À Sayidi, près de Machhad, les Bassidjis ont tué 25 personnes.
Partagez, s’il vous plaît. À l’étranger, personne ne sait ce qui s’est passé ici. 10 janvier 2026
[Macchad est la capitale de la provind du Khorassan-e Razavi, située à plus de 900 km à l’est de Téhéran. Elle est le cœur de la troisième agglomération du pays par le nombre d’habitants et une des plus importantes villes saintes du chiisme.]Les forces de sécurité tirent à balles réelles sur des manifestants en Iran ! Selon les médias suédois, l’accès à l’information sur la situation en Iran est très limité.
D’après l’organisation Netblocks, les lignes téléphoniques et l’accès à Internet sont coupés dans le pays depuis 36 heures.
Un médecin à Téhéran indique que près de 220 décès ont été enregistrés dans six hôpitaux de la capitale. La plupart des victimes seraient de jeunes manifestants, et beaucoup auraient été visés par des tirs à balles réelles.
Entre autres, les forces de sécurité auraient ouvert le feu sur des manifestants devant un commissariat de police dans le nord de la ville
Les manifestations, qui se déroulent désormais dans les 31 provinces, ont débuté le 28 décembre 2025 et entreront dans leur quatorzième jour le samedi 10 janvier 2026.
Initialement une réaction à la situation économique désastreuse du pays, les protestations se sont transformées en un mouvement révolutionnaire contre le régime islamo-chiite fasciste dirigé par le dictateur et Guide suprême Ali Khamenei.
Ces jeunes manifestants, à Téhéran (quartier de Moshiriyeh), scandaient hier, 19 janvier 2025, sous les tirs des forces de sécurité : « Mort au dictateur !» + « Nous n’avons pas peur, nous n’avons pas peur, nous sommes tous ensemble !» Vidéo : https://anarchistfront.noblogs.org/post/2026/01/10/56680/%d8%aa%db%8c%d8%b1%d8%a7%d9%86%d8%af%d8%a7%d8%b2%db%8c-%d9%86%db%8c%d8%b1%d9%88%d9%87%d8%a7%db%8c-%d8%a3%d9%85%d9%86%db%8c%d8%aa%db%8c-%d8%a7%db%8c%d8%b1%d8%a7%d9%86/
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