Depuis avril 2024, la Junte Militaire au pouvoir au Myanmar (ex Birmanie) a rendu la conscription obligatoire. Tous les hommes de 18 à 35 ans, 27 ans pour les femmes, peuvent être appelés pour une durée de deux ans – voire plus pour celles et ceux qui auraient une expertise particulière comme les ingénieurs ou les médecins par exemple. Six millions d’hommes et sept millions de femmes sont ainsi susceptibles d’être convoqués.

Des milliers de jeunes fuient pour ne pas participer à la boucherie de la guerre civile qui ravage le pays depuis des dizaines d’années. La conscription obligatoire, c’est « la voie vers la mort » affirme Ko Thakka, « une condamnation à mort : la junte utilisera les jeunes appelés comme des boucliers humains ».

Hein, un jeune anarchiste du Myanmar qui a réussi à franchir illégalement la frontière avec la Thaïlande témoigne.

« La plupart des jeunes refusent la conscription. Mais vu le climat d’oppression dans lequel nous vivons sous la dictature militaire, s’organiser contre le régime de la conscription est quasiment impossible. Au Myanmar, l’anti-conscription peut entraîner des peines de prison. C’est donc essentiellement une action individuelle.

Il n’existe pas vraiment d’organisations officiellement engagées dans la lutte contre la conscription. La plupart des gens sont livrés à eux-mêmes. Certains s’entraident grâce au financement participatif. Vous ne pouvez pas compter sur les moyens des mouvements d’opposition coalisés dans le NUG (Gouvernement National d’Opposition), car ils n’aident pas les jeunes qui cherchent à fuir la conscription. Au contraire ile NUG cherchent à les enrôler aussi dans les unités paramilitaires pour participer aux combats, même s’ils ne veulent pas.

Dans certaines zones libérées [qui échappent au contrôle de l’Armée et sont administrés par le NUG], les manifestants protestent, mais il faut se méfier des frappes aériennes.

Dans la zone contrôlée par les militaires, il existe actuellement deux types de conscription : la conscription officielle, qui se déroule à domicile, et la conscription par enlèvement, qui implique l’enlèvement forcé.

Ceux qui en ont les moyens doivent soudoyer les officiers chargés du recrutement pour qu’ils cachent votre dossier, ou qu’ils le mettent « en dessous de la pile », à l’abri des regards des supérieurs, pour repousser le plus tard possible moment où ils viendront vous chercher.

Ceux qui n’en ont pas les moyens doivent tenter de fuir clandestinement vers les pays voisins en tant que travailleurs migrants.

Deux choix s’offrent à vous : voyager ou être contraint de se soumettre à la conscription dans les cas extrêmes. Un des moyens de fuir est de partir en avion dans un pays voisin, comme la Thaïlande. Mais l’armée devient plus avisée. Elle utilise les aéroports pour la conscription. Lorsque des jeunes tentent de fuir le pays, ils vérifient les documents de conscription à l’aéroport. Voyager à l’étranger est une véritable loterie.

Mais la plupart du temps, on vous refuse l’entrée de l’aéroport. Certains corrompent et consultent les listes de conscrits de manière officieuse.

D’autre cherchent à fuir le pays par des moyens de transport non aériens, comme le franchissement à pied des frontières, à travers la jungle. Mais c’est risqué.

Pour la classe ouvrière pauvre, certains se suicident malheureusement. De nombreux cas de ce genre ont été recensés » (si je me souviens bien, au moins une centaine sur les réseaux sociaux).

Des rumeurs circulent selon lesquelles, après la conscription, il est probable d’être drogué par les soldats de la junte. Il est donc difficile de déserter, sauf si tout le bataillon est abattu lors des combats. »


Pour en savoir plus sur la Révolution en cours au Myanmar, vous pouvez vous référez à la brochure « La révolution du printemps au Myanmar », Téléchargeable en ligne : https://cnt-ait.info/2023/05/04/revolution-printemps-bro

Version papier disponible contre 8 euros (frais de port inclus) auprès de CNT-AIT, 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE (chèques à l’ordre de CDES)

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Article publié dans le numéro 8 du bulletin de l’initiative Olga TaratutaOLGA TARATUTA num 8 2025-10png

SOMMAIRE :

· [ RUSSIE ] Arrestation en masse grace à la reconnaissance faciale des jeunes qui contestent leur conscription

https://nowar.solidarite.online/blog/russie-arrestation-en-masse-grace-%C3%A0-la-reconnaissance-faci…

· [ SOUDAN ] S’opposer aux Forces de Soutien Rapide (RSF) n’implique pas de se ranger du côté de l’État !

https://cnt-ait.info/2025/02/09/sopposer-rsf/

· [ MYANMAR ] Les jeunes qui veulent fuir la conscription obligatoire, « la voie vers la mort », sont laissés à eux même

https://nowar.solidarite.online/blog/myanmar-les-jeunes-qui-veulent-fuir-la-conscription-obligatoire…

· [ UKRAINE ] La désertion et l’esquive deviennent massives

https://nowar.solidarite.online/blog/ukraine-la-desertion-et-lesquive-deviennent-massives


Télécharger le bulletin : https://cnt-ait.info/wp-content/uploads/2025/12/OLGA-TARATUTA-num-8-2025-10.pdf

Pour recevoir le bulletin en version papier adresser un mail à contact@solidarite.online ou écrire à Olga Taratuta c/o CNT-AIT 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE


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Aidez les anarchistes d’Ukraine à résister à la guerre et au froid !

Assembleia est un média anarchiste en ligne de Kharkov, en Ukraine (https://assembly.org.ua ). Depuis l’agression de l’armée de la Fédération de Russie, ces compagnons tiennent fermement la bannière anarchiste et internationaliste dans des circonstances dramatiques.

Sous les bombes de la Fédération de Russie, ils participent à des actions de solidarité populaire et de résistance civile, sans sombrer dans le soutien au gouvernement ukrainien. Au contraire, ils maintiennent une position critique envers l’État ukrainien et ses organes directeurs (du niveau présidentiel jusqu’au niveau local), exposant la corruption de l’administration par les profiteurs de guerre nationaux. Assembleia continue d’informer les travailleurs et de critiquer les patrons locaux qui profitent de la situation pour exploiter encore plus les travailleurs.

Assembleia maintient haut et fort les principes anarchistes, anti-étatiques et anti-militaristes, tandis que la plupart des individus et des groupes « anarchistes » en Ukraine ont jeté tous les principes par-dessus bord dès le début de l’invasion.

En raison de la destruction d’infrastructures essentielles par l’armée russe, le chauffage fera certainement défaut pour les compagnons, alors que l’hiver est habituellement particulièrement rude dans cette région du monde. Le problème énergétique, qui touche déjà beaucoup d’entre nous, s’y posera de manière encore plus dramatique. C’est pourquoi nous lançons un appel urgent à la solidarité avec les compagnons d’Assembleia pour les aider à l’approche de l’hiver :

– vous pouvez faire des dons en ligne sur leur plateforme : https://www.globalgiving.org/projects/mutual-aid-alert-for-east-ukraine/

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http://nowar.solidarite.online/blog                                   contact@solidarite.online


Source: Olga Taratuta

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