Ces dernières semaines, nous avons pu assister, au sein de la justice française, à une étonnante condamnation d’un ancien président de la République. Beaucoup moins étonnante fut sa libération conditionnelle après 15 jours de détention au régime exceptionnel.
Moi qui croyais naïvement que la justice et les lois de ce pays ne s’appliquaient uniquement qu’aux citoyens de seconde zone, les plus vulnérables, les plus faibles, SDF ayant écopé de la prison ferme pour de simples vols de sandwich dans des supérettes. Je dois avouer que pour le coup, j’ai été cueilli. Enfin un puissant, qui a la responsabilité d’un paquet de magouilles et montages financiers, divers et variés, et indirectement responsable des quelques milliers de morts en Libye, allait faire de la prison pour de bon !

On a aussi pu constater tout le ridicule soutien médiatique, allant jusqu’aux ministres de l’Intérieur et Garde des Sceaux en personne, incarcération avec en prime des flics en prison pour veiller à la sécurité de l’ancien président.
Quelle comédie, deux ministres désavouant le personnel pénitencier de ce pays, composé de gens incompétents pour assurer la sécurité de l’ex-président, sécurité dans les prisons françaises qu’il avait lui-même fortement ébranlées. Ce qui est tout de même assez rigolo, surtout quand on sait que Sarkozy fût l’un des artisans du démantèlement du service public de ce pays, à l’instar bien entendu de ses prédécesseurs et successeurs.

Ainsi notre ancien président de la République, c’est vu condamné à cinq ans de prison ferme. Gageons qu’il ne restera pas six mois dans les geôles de l’état, mais pour l’instant savourons ce moment cocasse de la vie politique française, et surtout soyons attentif à ce qu’il dira à sa sortie de prison, ça risque d’être assez étonnant, avec un peu de chance, il deviendra peut-être un militant anticarcéral, qui sait ?

Et pourtant lui et ses pareils nous ont bassiné pendant des années avec la tolérance zéro envers les délinquants, vitupérant contre le laxisme de la justice.
Et voilà comme quoi le ridicule ne tue pas, la classe politique, Le Pen la première, qui s’insurge de cette incarcération, car disent-ils « on ne traite pas un président de cette manière ». C’est curieux, je croyais également qu’un ex-président redevenait de facto un citoyen ordinaire comme les autres et pouvait être justiciable comme n’importe quel citoyen de ce pays, enfin théoriquement. Décidément, je suis un grand naïf.

Toujours est-il que ces politiciens en question sont également visés par la justice, et qu’ils doivent sérieusement s’inquiéter pour leur situation personnelle. Il faut l’avouer, il y a des moments de la politique française assez truculents.
Malgré cette sulfureuse association avec le régime terroriste Libyen, ses avocats ont tout de même émis une demande de remise en liberté, mais notre cher ex-président est déjà condamné à un an ferme pour l’affaire des écoutes, puis le dossier Bygmalion, où là, il risque une nouvelle peine d’un an. Autant dire qu’il n’est pas encore sorti de l’auberge, vu le confort de la cellule qui lui est consenti,
Un scénario encore peu impensable : il serait jugé dans le box de la première chambre de la cour d’appel de Paris, exactement à la place ou a été condamné Pétain à la libération, et où Marine Le Pen comparaîtra début janvier 2026, quelle ironie de l’histoire.

En attendant à son arrivé à la santé, notre ami a du se conformer au règlement intérieur comme tout le monde, le service de greffe l’a pris en photo, a prélevé ses empreintes digitales et lui a décerné un matricule carcéral. Il a été contraint de se déshabiller pour une fouille complète, comme tout autre détenu dans ce pays, et il effectuera sa détention dans une cellule de 11 m2, ce dont, je suppose, qu’il était informé depuis sa nomination au poste de ministre de l’Intérieur.

Le plus hilarant : Lorsque Balkany, Pierre Botton, ou Claude Guéant lui donnent des conseils pour sa détention, sans vouloir donner raison aux populistes et autres Poujadistes de droite et de gauche, on assiste à une mise en scène d’un mauvais polar, lors de réunions de truands maffieux qui se serrent les coudes.
Sans parler du mélo des conseils d’Isabelle Balkany à Carla Bruni sur ce qu’il devait emporter ou non en prison.

En dehors de toute cette pantalonnade, ne nous y trompons pas, la justice française reste la justice bourgeoise, et qui applique les règles du droit bourgeois. Qu’un des leurs se retrouve embastiller et qui plus est, l’ancien ministre de l’Intérieur, et cerise sur le gâteau Ex-Président de la République, ne change rien à l’affaire, les diverses familles de la bourgeoisie règlent leurs comptes depuis toujours, et peu importe si Sarko fait sa peine ou s’il sort de la Santé d’ici à quinze jours.

Il ne faut pas oublier que Sarkozy, nous a saigné, nous tous, malgré ses accents populistes. Ses attaques inouïes sur nos retraites, sur nos conditions de travail, les coupes claires dans les dépenses de santé, les baisses de salaire, l’insuffisance de logements décents, le chômage galopant… Et pour ce qui concerne les prisons, ce sont majoritairement des chômeurs et des ouvriers qui occupent les geôles françaises.

Pauvre Sarko !

Je souhaite aux 21291 détenus en préventive, la même issue pour leur dossier, que celle de ce « repris de justice » !


Source: CNT-AIT France

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