Ajoutons que le terme « riche » ne veut rien dire, ou du moins pas grand-chose, en ce sens qu’il est flou, trop abstrait et qu’il est totalement déconnecté d’une base fondamentale : la possession des moyens de production et le contrôle sur la force de travail, outre le fait qu’à partir de là, si un bourgeois est forcément riche, toute personne bénéficiant d’un train de vie confortable n’est pas nécessairement à classer parmi la catégorie des exploiteurs. Ce mot efface cette réalité afin de légitimer l’existence même de la classe bourgeoise en plus de gommer les frontières de classe.
Ainsi, nous pouvons mettre en contexte l’idée et affirmer que NON, la taxation des « riches » ne remet pas en cause la hiérarchie « patron → salarié » et encore moins le règne du capitalisme. Au contraire, ça peut contribuer à sauvegarder l’existence du capitalisme et donc à perpétuer celui-ci. Au demeurant, les capitalistes conservent toujours leur influence politique, médiatique et culturelle. Et tous ces facteurs font que nous restons, malgré tout, des « esclaves » dociles qui aident à perpétuer la domination de nos maîtres dominants.
De plus, il faut savoir que la taxation est effectuée par l’appareil de l’Etat, qui n’est pas neutre, mais bien l’instrument d’organisation du pouvoir et du règne des capitalistes, pour protéger leur propriété privée des moyens de production.
Ainsi, comment peut-on croire qu’un outil perpétué par cette classe « infâme et parasitaire », minoritaire puisse être l’arme pour la combattre, sérieusement ? Soyons conscients : cette fadaise de « taxer les riches » n’est qu’une baliverne conçue pour nous anesthésier, nous rendre docile, en nous maintenant dans l’idée que le règne du régime capitaliste et de l’argent ainsi que de l’Etat sont « naturels, voir indépassables » !
Autrement dit, les taxer, c’est accepter qu’ils s’enrichissent tant qu’ils paient « leur part ». Mais l’existence même des bourgeois reste intacte, tout en leur offrant une image « morale » : celle de « bons bourgeois » qui « contribuent à la collectivité ». Mais ce qu’on ne dit pas, c’est que les bourgeois répercutent le coût des impôts qu’ils paient sur les prix, les loyers ou les salaires. Ils font ainsi peser une pression accrue sur les conditions de travail pour préserver leurs profits nets.
Donc on nous donne l’impression d’agir contre l’injustice, vu que ça préserve le système qui est à l’origine de ces injustices. C’est non seulement totalement réformiste mais c’est également démagogique, en freinant et limitant toute velléité de lutte et d’élan révolutionnaire. Cela peut même dans ce sens servir d’arme aux maîtres capitalistes.
Alors, que faire ? La réponse est pourtant simple et devant vos yeux. Il ne s’agit pas de « faire payer les riches » mais bien d’exproprier la bourgeoisie, les exploiteurs capitalistes. Cela signifie procéder à la collectivisation des moyens de production pour les socialiser et les mettre sous le régime de la propriété collective ! Et c’est concrètement remettre les entreprises, le tissu industriel, les terres … , entre les mains des travailleurs et usagers, produire les richesses nécessaires en commun dans le sens de la satisfaction des besoins, instaurer la gratuité universelle, pour enfin bâtir une société juste, réellement libre et démocratique, solidaire et égalitaire !
Pour en finir avec le capitalisme et pour le socialisme libertaire ! Vive la révolution sociale !
Source: CNT-AIT France
