Ils ont repeint les murs avec des slogans,
Pour masquer l’odeur de la chair broyée.
Ils ont troqué la couronne pour un parti unique « ouvrier » ,
Mais la chaîne reste une chaîne,
Et la botte reste un langage.

Ils font de la propagande pour te forcer à dire “camarade” et te dresser à l’autorité ,
Pour te faire croire aussi que t’es leur compagnon,
Qu’ils marchent avec toi,
Qu’ils souffrent avec toi,
Qu’ils tomberont avec toi.

Mais une fois au pouvoir,
Le mot “camarade” devient un dossier,
Ton “compagnon” devient un surveillant,
Et la poignée de main se transforme
En convoi de nuit vers le goulag.

La révolution s’est faite uniforme,
Les rêves ont reçu des numéros,
Les dissidents ont été envoyés dans des tombes administratives,
Les bolcheviks t’ont tué pour t’être opposé à leur soi-disant « révolution ».

Les prisons changent de drapeau,
Les miradors apprennent de nouveaux chants,
Mais la nuit reste une nuit quadrillée de projecteurs,
Et les cris restent des cris
Que personne n’entend officiellement.

Ils parlent d’émancipation
Avec des murs jusque dans la gorge.
Ils parlent de libération
Avec des registres et des listes.
Ils parlent d’égalité
En construisant des castes armées.

Le rouge devient un camouflage,
Une nappe pour couvrir les cadavres.
Ils ont vidé le mot “révolution”
Comme on vide un crâne,
Pour en faire un mégaphone au service du pouvoir.

Les chefs jurent qu’ils ne sont pas des chefs,
Les bourreaux jurent qu’ils ne font qu’obéir à la ligne,
Les camps jurent qu’ils protègent,
Les balles jurent qu’elles éduquent.

La contrainte devient une vertu,
La délation une responsabilité,
La peur une méthode d’organisation.
L’obéissance est appelée conscience,
Et la soumission, discipline collective.

Ils écrasent au nom du lendemain,
Ils affament au nom du capitalisme d’état ,
Ils enferment au nom de la société bolchevique ,
Qui n’arrive jamais au communisme
Mais à la mort certaine !

Le rouge coule le long des escaliers du pouvoir,
Mais ce n’est pas le rouge de la liberté.
Ce sont toujours les mêmes corps qui tombent
Pour nourrir les grandes théories marxistes,
Toujours les mêmes vies jetables
Pour alimenter des slogans éternels.

Hier c’était l’empereur,
Aujourd’hui c’est le parti,
Demain ce sera un algorithme sacré,
Mais la logique est intacte :
Commander, surveiller, punir.

Ils ont remplacé les anciens exploiteurs par des commissaires,
Les vieux dogmes par des manuels,
Le dogme capitaliste par de le dogme du livre rouge ,
Et l’enfer par des quartiers disciplinaires.

Ce n’est pas une trahison accidentelle,
C’est la conséquence directe du pouvoir.
Quand une révolution garde l’autorité,
Elle garde aussi la guillotine sur le prolétariat ,
Même si elle se nomme autrement.

Ni bolchevisme , ni parti unique ,
Ni chef, ni avant-garde.
La domination ne se réforme pas, Elle se détruit.

Le fascisme rouge
N’est pas une erreur de parcours,
C’est la preuve que
Quand on remplace un maître par un autre,
On n’a rien renversé.

Le capitalisme reste,
Nous sommes revenus au même point,
Simplement avec d’autres uniformes,
D’autres discours,
D’autres bourreaux.

Car tant que l’État survit,
La domination survit avec lui.
Il change d’aspect , jamais de nature.
Il promet la justice,
Il livre la discipline.

L’État, c’est le trône sans roi,
La prison sans aveux,
La violence légale,
L’ordre sacré de l’injustice organisée.

Tant qu’il est debout,
La liberté reste à genoux.

Alors il faut sortir du piège des sommets,
Briser l’illusion du pouvoir central,
Refuser les nouveaux chefs
Comme on a refusé les anciens rois.

Plus d’État à conquérir,
Plus de palais à prendre,
Plus de machine à diriger.
Juste nous qui s’organisent,
Des forces qui se fédèrent,
Des vies qui s’auto- organise.

L’atelier auto-organisé contre le ministère de l’état ,
La grève contre la loi bourgeoise ,
La fédéralisme libertaire contre les frontières,
L’entraide contre le chaos capitaliste.

Pas de transition par la cage,
Pas de liberté par décret,
Pas d’émancipation par la hiérarchie.
Ce qui commande meurt,
Ce qui écrase tombe,
Ce qui domine doit être dissous.

Et quand il n’y aura plus de centre,
Plus de sommet,
Plus de trône invisible,
Alors seulement
Le mot liberté cessera d’être un mensonge utile
Et deviendra une pratique vivante.

Viva la révolution sociale

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