On parle souvent des “maladies mentales” comme si c’était un problème individuel. Comme si chacun devait se réparer tout seul, avec des pilules et des diagnostics. Mais ce n’est pas dans la tête que tout commence, c’est dans le monde qu’on subit chaque jour. La folie, la dépression, l’angoisse sont les symptômes d’une société malade de son propre système.

Le capitalisme détruit les liens, les solidarités, le sens même de la vie collective. Il isole les gens, les pousse à se comparer, à s’épuiser, à se vendre. Tout devient performance, rentabilité, image. Et quand l’esprit ne suit plus, on dit qu’il “déraille”. En vérité, il réagit. Il crie face à l’absurdité. Ce que le système appelle une “crise”, c’est souvent un moment de lucidité.

Les institutions psychiatriques n’ont pas été créées pour libérer, mais pour remettre au pas. On enferme, on calme, on médicamente, on rend “adaptable”. La psychiatrie, comme l’école ou la prison, est un outil de discipline. Elle ne soigne pas la cause de la souffrance : elle la rend silencieuse. Ce qu’on appelle “soin” n’est souvent qu’une manière d’effacer le symptôme sans toucher à la racine sociale du mal.

Les troubles psychiques ne sont pas des erreurs individuelles, ni biologique mais des reflets d’une société qui a perdu la raison. Quand la vie se résume à produire et consommer, quand la peur de manquer écrase tout, quand l’humain est traité comme un chiffre, alors oui, les esprits craquent. Certains se replient, d’autres explosent. C’est la conséquence logique d’un monde inhumain.

Et quand on regarde les quartiers abandonnés, les vies broyées par la précarité, on voit que la misère matérielle et la souffrance psychique ne font qu’un. On ne peut pas parler de santé mentale dans une société qui crée la pauvreté, l’humiliation, la solitude et la peur du lendemain.

Le capitalisme crée la maladie puis vend le remède. Il fabrique la détresse, puis se présente comme le sauveur. Mais tant qu’il existera, les esprits seront malades de sa logique.

La vraie santé mentale, c’est la liberté. C’est la solidarité, l’égalité. C’est un monde sans maîtres ni esclaves, sans compétition ni hiérarchie. Un monde où on ne “soigne” pas la révolte, mais où on comprend ce qu’elle dit.

La folie n’est pas une faiblesse. C’est une réaction humaine face à un monde inhumain.

Et tant que ce monde durera, c’est lui qu’il faudra soigner pas les prolos qu’il détruit.

Viva la révolution sociale

ATPYASR

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