France Culture, une radio d’État, présente l’anarchisme de manière erronée et ridiculisante, le traitant comme une simple philosophie culturelle plutôt qu’une concrétisation d’une révolution sociale libertaire, c’est-à-dire un projet de société sans autorité ni gouvernement pour l’auto-organisation du prolétariat.
Le débat central tourne autour de la violence et de l’anarchisme, alimentant le mythe selon lequel les deux sont liés, alors que l’État incarne bien plus la violence dans la société : la police meurtrière, la vie chère, la répression de la liberté d’expression, la protection de milices fascistes criminelles et le racisme banalisé. Aucune attention n’est portée à la violence étatique. De plus, les intervenants sont présentés comme des spécialistes utilisant un langage élitiste, légitimant ainsi chaque parole comme une vérité absolue. Cette série de podcasts vise à désorienter le prolétariat vers l’acceptation d’un système où le régime étatique est perçu comme une fatalité ou une nécessité. En réalité, l’appareil étatique est un instrument d’esclavage du prolétariat, par fonction de protection de la propriété privée des moyens de production. En d’autres termes, quand une minorité contrôle les moyens de production, elle domine la force de travail, asservissant le prolétariat. Cela crée une dépendance économique, une exploitation salariale et une appropriation de la richesse collective par une élite capitaliste.
Un podcast marquant est l’analyse de l’anarcho-féminisme, critiqué pour sa limitation face à l’influence patriarcale. Il met en avant Emma Goldman, une figure majeure de l’anarchisme et du féminisme, en la décrivant comme une défenseuse « puritaine ». Pourtant, elle dénonçait le puritanisme comme une religion sociale oppressive qui réprime les désirs et renforce l’État et l’Église. Elle a écrit un texte entier : “Le puritanisme, l’ennemi de la liberté”, où elle démonte la morale sexuelle de la société bourgeoise. Elle a été arrêtée, expulsée et persécutée précisément parce qu’elle combattait le puritanisme. Ce podcast célèbre donc le féminisme libéral comme « émancipateur ». Simone de Beauvoir est présentée comme icône du féminisme, alors qu’elle a légitimé la hiérarchie sociale avec son dogme « marxiste-léniniste » et soutenu le bolchevisme de l’URSS. Le patriarcat est indissociable de la domination étatique : refuser de démanteler la hiérarchie revient à s’opposer au féminisme. L’emploi fréquent d’un langage identitaire est préoccupant, car il évoque une rhétorique destructrice en divisant le prolétariat, affaiblissant son unité. Le dernier podcast met en avant une démagogie accrue, exaltant le pouvoir comme essentiel alors qu’il maintient l’asservissement des individus dans une coopération forcée. Tant que le pouvoir existe, nous sommes esclaves ; si le pouvoir est aboli, nous sommes libres ! Cette perspective montre que l’État est souvent perçu comme inné, mais en réalité, il s’agit d’une construction sociale basée sur la soumission à un système hiérarchique. France Culture reste ancrée dans une perspective d’autorité et de vision étatiste, sans mettre en avant la philosophie libertaire comme une émancipation collective. Il est essentiel de souligner cette critique, car elle révèle une tentative de l’État de déformer ce qu’est réellement l’anarchie. « Viva » la révolution sociale.


Source: CNT-AIT France

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