Paris 2024-12-21 Manif dserteurs russes chaque dserteur rapproche la paixpng

Depuis quelques années, la guerre et le danger de sa généralisation sont omniprésents. Nous en sommes douloureusement conscients par les réductions de nos salaires, qu’elles résultent de l’augmentation des prix de l’énergie et des biens importés ou de l’augmentation des budgets de guerre.

C’est surtout ces jours-ci que les discours belliqueux en Europe ont atteint leur paroxysme. Le réarmement frénétique de l’Europe (voir ReArm Europe) aggravera la situation actuelle de la classe ouvrière dans tous les pays européens, mais pour des pays comme la Grèce, les conséquences seront tragiques. L’État-providence, déjà chancelant, disparaîtra, laissant le prolétariat avec des pertes incalculables. Les 28 milliards d’euros que l’État grec prévoit de verser au cours des 12 prochaines années au complexe industriel de guerre israélien pour l’achat de systèmes d’armes entraîneront de nouvelles coupes d’austérité, qui viendront s’ajouter aux pertes des 15 dernières années.

Les gourous de l’armement nous disent qu’il n’y a pas moyen de défendre le continent sans réduire les dépenses sociales. Après avoir porté une série de coups à l’État-providence d’après-guerre, le capital et son État ont décidé qu’il était temps de l’abolir, au moment même où la bourgeoisie engrange des profits records grâce à une industrie de la défense qui fonctionne à plein régime.

Alors que les sphères politiques de gauche sont dominées par une rhétorique anti-impérialiste qui soutient un État comme le « bon » contre le « mauvais », nous considérons que les guerres sont avant tout l’exportation des contradictions de classe au sein de chaque nation vers la sphère de la guerre nationale, dans le but ultime de forger l’unité nationale.

Pour nous, le monde est divisé en classes, pas en races ou en camps : nous refusons de diaboliser les peuples et les pays et ne prêtons aucune allégeance au nationalisme, quel qu’il soit. On nous a appris que les intérêts de la classe du prolétariat multinational ne peuvent être alignés sur ceux des classes bourgeoises de l’un ou l’autre État ou pays, quelles que soient les jongleries nationalistes anti-impérialistes qui les divisent en « immédiat » et « à long terme » et promeuvent des alliances ordonnées sur la base d’un parcours prétendument linéaire, commençant par la « libération nationale » et l’« intégration nationale » et conduisant… plus tard à l’« hégémonie » de la classe au sein de l’État-nation indépendant. Historiquement, les formations d’États-nations qui ont émergé après la « victoire » des luttes de libération nationale et anticoloniales ont été les nouvelles prisons du prolétariat nationalisé.

Les peuples doivent être unis sur la base de leur condition sociale et non de leur identité. Ce vieux monde doit disparaître et nous ne pouvons en aucun cas conserver ce bric-à-brac mortel de nations, de nationalités, de races et de religions. Nous devons briser le cadre de l’État-nation, avec ses minorités et ses majorités, et le remplacer partout par des communes et des conseils.

Mais en attendant, nous sommes aux côtés de tous ceux qui ne prennent pas les armes et refusent d’alimenter les canons de la bourgeoisie et d’assassiner leurs frères et sœurs de classe.

Pleinement conscients que les raisons de l’acte de désertion peuvent être nombreuses et contradictoires, nous sommes aux côtés des milliers d’Ukrainiens qui traversent la frontière pour éviter la conscription, aux côtés des Russes qui se cachent de l’appel sous les drapeaux, aux côtés des Palestiniens qui, face à la destruction sans fin que leur inflige l’État israélien, ont trouvé le courage de manifester contre le Hamas et d’exiger la fin de la guerre. Nous sommes aux côtés de tous ceux qui, au sein du prolétariat israélien, protestent et exigent la fin de la punition collective et de la militarisation de la famine du prolétariat palestinien. Nous sommes aux côtés de la classe ouvrière israélienne qui exige la fin de l’assaut incessant contre Gaza, la fin de l’apartheid, la fin de l’occupation.

NOUS SOUTENONS LES DESERTEURS parce que

    L’action de désertion a un impact significatif sur le sabotage de la machine de guerre de l’État capitaliste, ce qui affecte sa capacité à mener des opérations militaires.

    Malgré la propagande de l’État, quitter le champ de bataille et refuser de participer au massacre de la classe ouvrière est un acte courageux. Les conséquences d’un tel choix sont dévastatrices, car ceux qui quittent leur poste sont soumis à la persécution, à la stigmatisation sociale, à l’emprisonnement et, dans certains cas, à l’exécution. L’arrêt de la guerre n’est toutefois possible que si ces pratiques sont mises en œuvre à grande échelle dans le cadre d’un processus plus large de conflit de classes. Malheureusement, même au sein du milieu anticapitaliste, de nombreux individus et groupes tentent de présenter la désertion comme un acte futile ou absurde, ou affirment souvent que la participation à la guerre est une condition préalable à la « libération » de la puissance occupante.

    Il est essentiel de mettre en place des réseaux à l’échelle internationale pour apporter une aide matérielle aux déserteurs. Il s’agit d’assurer les conditions qui garantissent leur sécurité dans l’acte de désertion. En effet, l’un des enjeux majeurs des luttes de classes au sein des pays en guerre est la revendication de l’ouverture des frontières, y compris pour les déserteurs. Il est également nécessaire de fournir des informations sur les méthodes sûres d’évasion et de communication avec les prolétaires d’autres pays qui ne sont pas en guerre et dans lesquels les déserteurs pourraient se réfugier.

    Nous ne voulons pas mourir pour sauver une nation. Nous sommes pour les désertions en masse et la fraternisation de tous les côtés sur le front, tandis qu’à l’intérieur, nous nous engageons dans la lutte prolétarienne autonome, le sabotage et les grèves dans les usines d’armement, les gares et les ports !

Nous soutenons par tous les moyens les déserteurs de tous les fronts !

Le prolétariat n’a pas de patrie ! A bas les armées, à bas la guerre ! Non au déploiement de troupes européennes ou de n’importe quelles troupes en Ukraine !

Quelques communistes internationalistes d’Athènes

source : https://antimilitarismus.noblogs.org/post/2025/04/16/dezerteri-vsech-zemi-spojte-se/

Traduction : Réfractaires