Une nouvelle vague de protestations éclate autour d’une seule exigence : le droit de vivre, et en lien avec lui, la fermeture immédiate de ce complexe chimique en question. Cette revendication n’est pas nouvelle, si ce n’est que cette fois, elle porte une conscience plus profonde : il ne peut y avoir ni réforme ni compromis là où la vie est niée.
Le mouvement refuse toute représentation. Il n’attend ni l’État, ni les partis, ni les syndicats. Il s’organise de manière autogérée et horizontale, par et depuis la base. Après des décennies de mensonges et de répression, il porte la vérité de ceux qui n’ont plus rien à perdre si ce n’est que de perdre leur air empoisonné.
Comme toujours, l’État se révèle clairement dans sa nature : l’organisation et le gardien du pouvoir et des intérêts des maîtres actuels, et puis, comme la police en est un instrument essentiel, il ne répond ni par le dialogue ni par la justice, mais par la surveillance, la répression et l’intimidation. La machine du pouvoir réactive son arsenal habituel et ses tentacules : accusations récurrentes de trahison, manipulations des forces politiques et tentatives incessantes de diviser et de discréditer les manifestants, etc….. Pourtant, le message des habitants est clair et reste d’une simplicité désarmante : vivre n’est pas un crime.
Ce qui se joue à Gabès dépasse le simple combat environnemental. C’est une confrontation entre la vie + le droit de vivre et un système mortifère. C’est en vérité un combat entre la logique du profit et le droit à la dignité de l’existence. Entre le silence imposé d’en haut et le cri d’en bas qui le brise.
Gabès revendique le droit de vivre, tout simplement — et, ce faisant, dévoile le vrai visage de l’État et du pouvoir
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Source: Tunisie Libertaire
