Un changement total de société jusque dans les bases de la société :

Crises, chômage, pauvreté, misère, pénurie de logements, logements chers et/ou insalubres, famine, guerres, maladies, insécurité, etc… Malgré l’infinité de gouvernements de tout bord et de toutes tendances politiques qui se sont succédé partout dans le monde durant tout le 20ème siècle, AUCUN de ces problèmes (auxquels d’ailleurs l’humanité était aussi confrontée il y a cent ans ou plus) n’a été résolu. Pire, d’autres sont venus s’ajouter : marées noires, désertification, pollution et réchauffement climatiques, virus, etc… La raison est que tant que les rapports de propriété capitalistes existeront, qu’ils soient privés ou étatiques, tant que l’Etat et les gouvernements existeront, autrement dit que tant qu’une minorité (humaine ou structurelle) possèdera et/ou contrôlera les moyens de production partout dans le monde, les populations seront condamnées à la passivité et les biens, services et produits ne seront conçus que pour le seul profit de cette minorité capitaliste, c’est-à-dire pour l’argent et le profit, et donc avant toute autre considération.

Alors, pour mettre un terme à cette situation économique et sociale, les militants communistes libertaires, désireux de faire achever une véritable libération au 21ème siècle se fixent comme objectif unique et immédiat la transformation totale (révolutionnaire, mais oui, bien sûr, disons-le complètement) de la société jusque dans ses bases, une transformation anarchiste qui consiste non seulement à démanteler les Etats et le gouvernement mais également à retirer des mains de cette minorité possédante sa propriété sur les moyens de production, d’échange et de distribution, afin de soumettre ceux-ci au régime de la propriété collective, soit, les transférer aux mains des travailleurs et de la population, en tant que patrimoine commun des travailleurs et du peuple.

De cette façon, une fois la propriété collective / commune instaurée et une fois l’Etat et le Gouvernement démantelés ainsi que le système monétaire abolis, cela permettra que soit pratiqué un système de gestion démocratique dans les moyens de production, les entreprises, etc… avec l’autogestion et le contrôle des travailleurs et de la population sur ces outils, la production, etc… et pour qu’ils soient réorganisés non plus de façon hiérarchisée et arbitraire et/ou héréditaire ni pyramidale mais qu’ils le soient de façon horizontale et démocratique, afin qu’ils fonctionnent dans l’intérêt de la majorité sinon de tous.

Alors oui, l’établissement d’un tel système de santé n’est peut-être pas pour demain, et comme disent certains, « ce n’est pas demain la veille ». Certes, mais tout dépend entièrement de nous. Ce qui croient que c’est utopique feraient bien de méditer et de réfléchir quant aux politiques réformistes du passé consistant à « faire quelque chose maintenant » ainsi qu’au prix que nous risquons de tous payer au fur et à mesure que le capitalisme continuera son règne et ses ravages et qu’il ira en décadence en décadence. Car il ne va pas s’effondrer de lui-même. Et pourtant, l’histoire humaine ne nous montre-t-elle pas qu’elle est faite de changements et que la nature humaine n’est pas fixée une fois pour toutes ? L’humanité ne s’est-t-elle pas libérée des jougs de l’esclavage et du féodalisme et de certaines dictatures, dont les dictatures staliniennes ?

Un changement violent ou pacifique ? :

Pour un militant communiste libertaire, anarchiste comme pour tout militant révolutionnaire en général, il est toujours difficile de recourir au terme de révolution (bien que cela soit de moins en moins difficile aujourd’hui) à cause des dégâts du stalinisme et de l’URSS et des révolutions passées, tant ce terme évoque des scènes de violence, de massacres, de bains de sang, d’exécutions et de drames humains qui provoquent chez la plupart des gens des sentiments (légitimes) de craintes, de scepticisme et de rejet. Alors oui, c’est vrai qu’à l’époque de la monarchie absolue ou du tsarisme, face à des autorités comme le roi ou le Tsar et dans le contexte social d’une classe ouvrière minoritaire et illettrée, et surtout en l’absence de mécanismes / traditions et d’esprit démocratiques, les perspectives de transformation sociale sans violence ni bains de sang étaient difficilement concevables.

Pour notre part, nous n’avons pas un goût particulier pour la violence, même si nous préconisons l’action révolutionnaire voire l’insurrection (majoritaire) contre le système capitaliste et tous les maîtres et les règnes de domination actuels.

Nous pensons toujours qu’il serait souhaitable que la révolution soit le moins violente que possible et qu’elle connaisse le moins de pots cassés car nous voulons construire un « monde meilleur », donc avec le moins de dégâts que possible, ainsi qu’avec le moins de drames humains. Puis la violence en elle-même n’est pas nécessairement efficace ou utile. Cependant, nous ne sommes pas des pacifistes et si nous affirmons que la révolution sociale communiste libertaire ne pourra pas être totalement pacifique, ce n’est pas parce que les exploités et les opprimés sont assoiffés de sang ou bien qu’ils ont le goût de la bagarre, mais c’est parce que la classe dirigeante capitaliste, bien qu’elle sera affaiblie et que beaucoup de bases de la contre révolution seront sapées, tentera quand même de s’accrocher à ses privilèges par tous les moyens et mettra tout en œuvre pour les maintenir et se maintenir au pouvoir, voire fera tout sans hésiter pour récupérer son « paradis » perdu après sa déposition. Nous ne saurons prédire l’avenir de la prochaine révolution socialiste ni celui de l’ampleur de la contre révolution, mais de par les expériences des précédentes révolutions, cet élément peut être considéré comme une loi théorique, comme un fait historique dont nous voulons avertir les travailleurs et le peuple en conséquence. Il y aura toujours de l’action contre-révolutionnaire même si ce n’est pas sûr qu’elle soit victorieuse. Cela dit, il peut aussi être raisonnable de penser qu’une révolution socialiste libertaire / anarchiste profonde, majoritaire (comme nous le souhaitons) et bien organisée / préparée aura besoin de beaucoup moins de violence qu’on peut imaginer, y compris que celle à laquelle ont recours les exploiteurs pour entretenir leur pouvoir actuellement.

Puis, le recours à la violence pour le simple fait d’y recourir est inutile et inefficace parce que fondamentalement, ce qui permet au capitalisme de se maintenir et de se perpétuer actuellement, c’est, en plus du monopole de la répression par les capitalistes, également le monopole de la persuasion (médias, écoles, institutions religieuses, etc…) qui fait que la grande majorité de la population « accepte » le système capitaliste et se conforme à lui. D’ailleurs, les gens sont tellement prisonniers de ce conformisme capitaliste qu’ils ne voient aucune alternative à ce système basé sur la propriété privée, les rapports de propriété capitalistes, l’argent et le salariat. Ils ne l’envisagent d’ailleurs même pas, cette alternative, en plus qu’ils la méconnaissent. Ils ne conçoivent même pas que puisse exister un système fonctionnant sans propriété capitaliste ni argent ni privilèges. Pour eux, les rapports de propriété capitalistes et l’argent, c’est « normal », c’est « naturel », « c’est ainsi et ça a toujours été ainsi », soit, c’est le seul monde possible et le reste…c’est tout simplement « utopique ». Voilà ce qu’il en est pour le moment. Enfin, précisons qu’une insurrection menée par un groupe minoritaire et/ou « avant-gardiste » ne peut que mener à une guerre civile sanglante et exposer le peuple à une répression sanglante totalitaire, ou sinon, même en cas de victoire, mener à une autre logique de gouvernement élitiste mais certainement pas au socialisme libertaire. En aucune façon l’action minoritaire ne peut triompher du défaut de conscience socialiste.

En revanche, d’un autre côté, si on imagine bien que c’est la majorité de la population qui, consciemment, consciencieusement et activement, souhaite mettre en place le communisme libertaire (comme d’ailleurs il sera nécessaire pour que le socialisme rencontre le moins d’obstacles possibles et puisse ainsi fonctionner) et qu’elle passe à l’action dans sa majorité tant sociale que numérique pour prendre le pouvoir en son nom et mettre en place l’anarchisme, eh bien même s’il y aura un certain besoin de force, certes, il est raisonnable d’imaginer que beaucoup moins de violence ne sera nécessaire. D’ailleurs, il faut réitérer, même sans être des idéalistes, que si la révolution socialiste majoritaire est bien préparée pour être effectivement majoritaire tant socialement que numériquement, il se peut qu’elle provoque des fissures jusqu’y compris dans la classe dirigeante capitaliste, des fissures qui feront qu’une partie de la classe dirigeante bourgeoise basculera dans le camp de la révolution socialiste, et cela peut se produire d’autant plus si pas mal d’entre eux, de par la perspective du socialisme abolissant l’argent, voient plus loin que le bout de leur nez et défendent alors leurs intérêts futurs. Et de la même manière, il faut aussi réitérer que beaucoup de bases de la contre-révolution pourront être sapées. Il s’agit bien d’une révolution sociale majoritaire et visant à également abolir le système monétaire en même temps que les rapports de propriété capitalistes, souvenons-en-nous bien. Aussi, quelques questions doivent être posées :

  1. Les gouvernements dépendant du « consentement » de la population et bénéficiant actuellement du conformisme ancré dans celle-ci pour pouvoir diriger, qui vont-t-ils gouverner si tout cela est dissipé et perdu ?
  • Et même lorsque la minorité de capitalistes voudra tout faire pour s’accrocher à ses privilèges, ne courra-t-elle pas fondamentalement au suicide ? Car cette fois, et notamment à partir de l’histoire, la majorité défendra ses droits et sa volonté de liberté et d’émancipation tels qu’ils se seront exprimés par la révolution elle-même !
  • Et de plus, dans un processus révolutionnaire, surtout si la révolution libertaire est bien préparée et organisée, quelle police et quelle armée (dont les membres sont issus du peuple et qui ne sont donc pas « naturellement » imperméables aux idées révolutionnaires [bien qu’ils soient formatés] qui traverseront la société) resteraient suffisamment puissantes et soudée pour s’opposer à l’immense force du peuple représentée par la force numérique et sociale de la majorité du peuple, devenu socialiste et conscient de ses intérêts ?

Autrement dit, même si la révolution libertaire ne sera pas totalement pacifique, elle n’a pas non plus à être synonyme de bains de sang, de la guillotine, de la terreur et d’exécutions sommaires. La révolution communiste libertaire, c’est déposer les maîtres capitalistes et détruire leur système (Etat, Gouvernement, Système monétaire, forces répressives, etc…) en vue d’assurer un changement rapide et total dans les bases de la société (suppression des rapports de propriété capitalistes, suppression de l’argent, bases pour la fin des inégalités, etc…) en instaurant la propriété collective des moyens de production et le système de libre accès de biens, produits et services conçus en abondance en vue d’assurer la satisfaction des besoins.

Un changement qui est de facto démocratique :

Actuellement, les moyens de production sont la propriété privée /étatique d’une minorité, humaine (patrons et capitalistes) ou structurelle (l’Etat bourgeois), autrement dit entre les mains d’une petite minorité de la population qui les contrôle et les gère dans l’intérêt exclusif capitaliste. Ce sont les droits de propriété qui assurent aux membres de cette bourgeoisie un monopole et un droit de contrôle sur les moyens de production, et sont garantis par un cadre approprié, la propriété privée, et une législation élaborée et votée par ses représentants politiques au parlement. C’est l’essence de la démocratie bourgeoise. Et c’est cette législation de cadre de la propriété privée qui est défendue par l’Etat et ses forces de l’ordre, organisant et reflétant la domination de la société par la minorité possédante. C’est l’Etat bourgeois et c’est pour cette raison que même sous couvert de « représenter l’intérêt général », l’Etat n’est rien d’autre que l’instrument de défense des intérêts de la classe capitaliste, par définition, et condamnant la population à la passivité.

Alors, pour paralyser l’action de l’Etat et de ses forces répressives, les travailleurs et la population devront au préalable le désarmer, et ensuite, le démanteler, s’agissant de démanteler tout pouvoir, l’Etat et le gouvernement, pour gérer sans aucun pouvoir leurs affaires sociales, politiques, etc… par et pour eux-mêmes, pour s’emparer des moyens de production et mettre en place le socialisme libertaire, autrement dit établir la propriété collective / commune et sociale, en tant que condition indispensable à la gestion démocratique des moyens de production, impliquant l’autogestion, afin de produire l’abondance destinée à assurer la satisfaction des besoins individuels et collectifs. Cette démarche politique et sociale et la mise en place du socialisme libertaire impliquent donc cinq nécessités :

  1. Affaiblir, parallèlement et au fur et à mesure de l’organisation des travailleurs et de la population pour la révolution et pour le socialisme, le contrôle que la minorité capitaliste et l’Etat bourgeois exercent sur l’appareil d’Etat, y compris la police et les forces armées, en vue de désarmer le pouvoir capitaliste et empêcher que ces forces ne soient utilisées pour résister au changement désiré par les travailleurs et le peuple.
  2. Affaiblir et réduire de plus en plus le pouvoir dictatorial de l’argent, notamment en étendant les gratuités.
  3. Entamer le processus révolutionnaire, impliquant une scission des appareils de l’Etat.
  4. Influer dans les structures administratives utiles.
  5. Se lancer en grande grève générale avec occupation et marches etc … en s’emparant des moyens de production et culminant sur un double pouvoir renversant celui des capitalistes et visant à abolir l’Etat et ses tentacules.

Ensuite, la révolution socialiste et son caractère démocratique implique d’autres éléments :

  1. Etant donné que le communisme libertaire, ou anarchisme, sera un système productif et social pleinement et intrinsèquement démocratique, voire « plus que démocratique », il s’ensuit que même si c’est par la voie révolutionnaire de la rue et dans les entreprises, et dans la mesure où la révolution sera majoritaire, il ne sera établi de facto que de manière démocratique, du fait de son caractère majoritaire. Pour arriver au communisme libertaire, la fin et les moyens sont indissociables.
  • Si les politiciens actuels du capitalisme et qui acceptent celui-ci ne cessent pas de nous montrer la rapidité avec laquelle ils sont capables « d’oublier » leurs promesses électorales et leurs programmes de campagne, si ce n’est pas de mentir, eh bien les « politiciens » du communisme libertaire ne seront pas des politiciens professionnels ni des dirigeants mais seront des délégués mandatés, donc des élus pouvant aussi être révocables à tout moment en cas de manquement à leur mandat et aux instructions de la base qu’ils représentent.
  • Il faut enfin rappeler que nous ne croyons encore moins en la victoire de la révolution sociale libertaire par les élections, d’autant plus que nous ne nous présentons à aucun cirque électoral, ni politique ni syndical.

Un changement organisé :

Pour démanteler le pouvoir et instaurer leur système de liberté en leur nom, par et pour eux-mêmes, les travailleurs et la population, pour le communisme libertaire, doivent s’organiser socialement et politiquement par le biais d’une organisation anarchosyndicaliste qui se fixe comme objectif – unique – l’abolition du capitalisme, du pouvoir et la mise en place du système communiste libertaire, sans Etat ni gouvernement ni classes sociales ni argent. La majorité des travailleurs et même des gens, une fois devenue en faveur de cette perspective de libération, utilisera, en lien avec cette organisation, sa force sociale et numérique pour faire cette révolution visant à détruire le pouvoir des capitalistes et le pouvoir.

Pour rappels, il n’est nulle question de « prendre le pouvoir » ni de « mettre les travailleurs au pouvoir » et encore moins de « former un gouvernement » vu que l’anarchisme implique qu’il n’y ait ni Etat ni gouvernement. Une fois l’Etat, le gouvernement et les forces de répression neutralisés et démantelés, c’est cette majorité numérique et sociale socialiste qui, organisée, notamment par le biais de ses conseils, procèdera à s’emparer des moyens de production, à instaurer leur propriété collective, y instaurer l’autogestion, le contrôle et la gestion démocratique par ceux qui y travaillent et ceux qui les utilisent, la production en l’orientant vers la satisfaction des besoins, etc….

Dans cette optique, cette majorité se sera aussi parallèlement organisée sur ses lieux de travail, associations et toute autre forme d’organisation sociale qu’elle aura estimé nécessaire d’utiliser, et ce pour assurer le déroulement du processus révolutionnaire ainsi que de la production tout en établissant l’organisation sociale du communisme libertaire. Une fois la victoire de la révolution assurée, les institutions répressives de l’Etat (Gouvernement, police, armée, tribunaux, prisons, services de renseignement, etc…) auront été démantelées et les services publics utiles et nécessaires (transports, eau, électricité, gaz, logement, enseignement, soins, etc…) seront réorganisés à tous les échelons sur la base de la propriété collective du peuple, sur une base autogérée horizontale, non hiérarchisée et démocratique.

Le développement de l’organisation des travailleurs et de la population pour le socialisme, tant au niveau politique que social, doit être vu comme un processus simultané et interdépendant et parallèle à la diffusion des idées anarchistes parmi les eux, en lien avec le développement de leur conscience de classe. La prise du pouvoir et la prise de la propriété et du contrôle sur les moyens de production essentiels est une action qu’ils mèneront eux mêmes, par et pour eux-mêmes, puis, ils se chargeront démocratiquement d’établir les conventions sociales et collectives, productives et… adéquates et remplaçant les lois, les règlements, etc….

Un changement conscient et consciencieux :

Malgré le fait que les travailleurs constituent l’immense majorité de la population, ils subissent la domination de la minorité capitaliste, tant économique que sociale que mentale, que ce soit par des maîtres privés ou l’Etat. Et dans les pseudo « démocraties », c’est « l’acceptation » massive des travailleurs de ces politiciens capitalistes, ce « consentement » de la majorité, outre le monopole de la répression, et l’abrutissement populaire par les médias et autres moyens de persuasion (au fait, qui les dirige / les possède ?) qui donne à cette minorité de maîtres sa « légitimité ». Les maîtres du capitalisme commandent que parce que la majorité « accepte » cet état de fait, autrement dit, c’est l’aliénation et c’est bien parce qu’ils « consentent » d’avoir un système social, le capitalisme (qui, par essence, ne peut fonctionner que dans l’intérêt du capitalisme), que les maîtres règnent et que par conséquent, le système se perpétue, bien qu’il leur mène pourtant la vie dure voire impossible.

Alors pourquoi cette apparente contradiction entre la « force » de cette infime minorité possédante et la « faiblesse » de l’écrasante majorité des gens du peuple ? Eh bien, la raison est que, dès notre plus tendre enfance, nous absorbons en permanence les idées répandues par les maîtres capitalistes via des institutions les plus diverses (citées plus haut) et que nous nous en imprégnons : depuis la famille (qui d’ailleurs subit elle-même ces influences et leur sert de relais) via l’école (qui développe notre fibre « pro capitaliste » ainsi que nos tendances nationalistes à travers l’enseignement) et surtout par les médias, entre autres. Ces diverses institutions sont très utiles pour le capitalisme parce qu’elles lui donnent un immense pouvoir de persuasion voire d’endoctrinement.

Ce monopole des maîtres du capitalisme sur les moyens d’information permet de contrôler (et donc d’orienter, de censurer) le contenu de l’information à diffuser et à ne pas diffuser. C’est même aussi pour cela que la notion de capitalisme n’est quasiment jamais mentionnée, avec un capitalisme et un système monétaire étant présenté comme aussi « naturels » que l’air que nous respirons. Ce contrôle permet aussi de fixer les limites aux débats publics et sociaux et de privilégier les idées qui légitiment le capitalisme et l’existence de la société actuelle.

Ainsi, la population est conditionnée en étant de la sorte maintenue dans l’ignorance d’une perspective alternative à la société actuelle : l’anarchisme ou bien, si on préfère, le communisme libertaire. De telle sorte que la mention d’une telle perspective, à une audience peu habituée à des débats sortant des sentiers battus, ne peut rencontrer qu’étonnement, incompréhension, scepticisme ou indifférence totale. Tout est fait pour nous inviter à « accepter » le monde tel qu’il est même si nos maitres concèdent « qu’il n’est pas parfait ». Ce conditionnement qui nous est imposé est une des principales raisons qui explique que le capitalisme se maintient et se perpétue et qui fait que les travailleurs « acceptent » de supporter de vivre une existence composée de tourments comme la précarité, d’insécurité, d’incertitude, de stress, de crainte du lendemain, de crises, de chômage, de pauvreté, etc….

Et pourtant, l’existence de militants anarchistes et communistes libertaires est la meilleure preuve qu’il est possible d’échapper à tout ce conditionnement, qu’il est possible de voir la société telle qu’elle est et non pas telle que nos maîtres et leurs serviteurs voudraient eux que nous la voyions. Et n’en doutons pas, c’est exactement la même chose pour les esclaves antiques et les serfs féodaux, qui pensaient (pourtant à l’encontre de ce que nous a montré l’histoire) que le monde et leur situation étaient fixés et immuables et qu’ils étaient condamnés à subir le joug de leurs maîtres et de leurs seigneurs….exactement de la même manière que les travailleurs aujourd’hui pensent que le patronat, l’argent, le profit, etc… c’est naturel et « normal » et que nous sommes condamnés à subir l’arbitraire capitaliste et patronal à perpétuité. Cela dit, pourquoi le système actuel devrait-t-il être plus immuable et plus éternel que tous les autres systèmes qui l’ont précédé ?

Alors, moralité, devenir un militant communiste libertaire et anarchiste en ce 21ème siècle, cela signifie comprendre :

  • La nature véritable d’un système basé sur l’appropriation ou le contrôle, par une minorité de maîtres privilégiés et/ou de l’Etat, des moyens de production et des fruits du travail pourtant effectué par les travailleurs ainsi de de nos vies et de nos libertés.
  • L’organisation logique et inévitable de la production dans l’intérêt exclusif de cette minorité et/ou de l’Etat.
  • Que nos problèmes ne sont pas « accidentels » ni « aberrants » ni des « catastrophes naturelles » (comme les raz de marée et les tremblements de terre) mais des problèmes sociaux, créés par le capitalisme, qui relèvent du fonctionnement NORMAL du capitalisme et que des humains ont établi jadis et que d’autres peuvent renverser demain.
  • Qu’aucune mesure qui ne s’attaque pas à la propriété privée et aux rapports capitalistes de propriété ne peut améliorer durablement la situation sociale, ni réformer ni « humaniser » le capitalisme ou le « gérer dans l’intérêt général », parce que le capitalisme est basé sur la propriété capitaliste / privée / minoritaire des moyens de production.
  • Que les travailleurs de la planète, malgré leurs différences de nationalités, de langue, de culture, de religion, etc….et malgré leurs « disparités » et styles de vie, ont des intérêts en commun et opposés à ceux des capitalistes.
  • Que les travailleurs constituent la majorité du peuple et que par conséquent, unis et organisés, en passant à l’action, tout devient possible et permis.

Au final, c’est comprendre la réalité pour la transformer. Est-ce que c’est vraiment compliqué ?


Source: Tunisie Libertaire

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