Cette fois-ci, on y est : L’école de guerre, l’école militarisée, l’enseignement de la mort sous couvert de journées « rallye citoyen », les élèves encadré-e-s passent à l’action. La propagande guerrière depuis la crise du covid (je me refuse à féminiser ce terme) bat son plein, relayé par des médias de plus en plus serviles et acquis à la folie macronienne, et sa mise en œuvre est réelle.
La France, deuxième marchand d’armes au monde, n’en restera pas là. Accusant un déficit de personnel pour ses armées, elle recrute et, pour ce faire, sensibilise au plus fort notre jeunesse. Le service national universel a fait un plouf retentissant-l’engouement, espéré par l’inscription en masse de classes et établissements, n’est pas au rendez-vous ; qu’à cela ne tienne, ils persévèrent.
Une semaine après le 8 mai commémorations de l’armistice, victoire sur le fascisme et le nazisme certes et fin de la barbarie de la Deuxième Guerre mondiale.
Mais on oublie vite !!
Voilà ce qu’on pouvait voir ce jeudi 15 mai : une foule de jeunes collégiens réunis pour une journée sportive départementale ?
Eh bien non ! Il faut vous rentrer ça dans le crane : bientôt, nous serons en guerre ! Préparons-nous !
Et donc jouons, faisons semblant, imitons, mais de grâce, fini les enfantillages. Faire la brouette-revue et corrigée par l’armée pour l’occasion-donne lieu à des exercices de désorientation musclés, faire équipe donne lieu à des « sections » d’évacuation de blessés, tout ceci avec les attributs militaires, armes factices-jusqu’à quand ?- casques kakis gilets pare-balles, puis apprendre à viser, donc à tirer, ce qui, même pour se défendre, revient à apprendre à donner la mort. Quelle citoyenneté que ce rallye.
Qui a envisagé la violence symbolique imposée à ces enfants par ces simulations, telles que porter un mannequin représentant à minima la souffrance, les blessures d’un être humain, mais aussi la Mort. Les médias nous ressassent de marche blanche après les meurtres d’ados, de déploiement de cellules psychologiques pour mettre des mots sur l’inconcevable.
Mais où sont les précautions pour ce type d’activités sur temps scolaire, rappelons-le. A-t-on demandé l’accord parental pour ce type d’activité ? L’effet de groupe et d’entrainement pour des préados est très important. Se démarquer du groupe en opposant un refus est quasi impossible. Alors ça fonctionne et durant une journée ou après-midi, on joue la guerre et on obéit ! Tout ceci sous le regard de l’aigle royal, symbole de l’armée américaine. !!!
Le dessin de clôture aux apparences joyeuses montre bien la confusion et le manque de maturité devant ce qui se joue. Le catalogue de la bien-pensance, par ces mots – vivre, jeunesse, libertés, solidarité, droits des femmes, égalité, paix, fraternité, respect, aimer – qui s’enracinent depuis l’arbre tricolore, patriotique, relève du slogan, du formatage de la pensée sans recul, brut de décoffrage.
Mais j’y vois plutôt, en espérant de tout cœur éviter la prémonition, un monument mortuaire érigé à la mémoire des enfants-soldats de la « section Pink Floyd », partis trop tôt pour une guerre qui ne les concernait pas, fleurs fanées qui s’envolent au vent, morts pour « la Patrie de demain » qu’ils ne verront jamais.
Leurs guerres, Nos morts ! No more !
Source: CNT-AIT France
